Loïk Le Priol, un ex-militaire de 32 ans, avait tiré six fois ce matin de mars 2022, touchant quatre fois Federico Martin Aramburu, qui n'était pas armé.
Deux des tirs, entrés au milieu du dos, sont à l'origine de la mort, a détaillé la médecin ayant réalisé l'autopsie de l'Argentin, tué à 42 ans.
Le coaccusé de Le Priol, Romain Bouvier, autre militant de l'ultradroite âgé de 35 ans, avait 45 secondes plus tôt fait feu quatre fois, sans causer la mort, même si deux balles avaient atteint la victime, de face et de profil.
L'un comme l'autre nient toute préméditation et même toute intention homicide, affirmant avoir tiré pour se défendre après une dispute née sur une terrasse parisienne qui avait basculé dans la violence. Le Priol a expliqué avoir fait feu lors de sa bagarre avec Aramburu.
Les secours ne pouvaient pas le sauver
L'autopsie a révélé que ses tirs mortels ont suivi dans le corps "une trajectoire de l'arrière vers l'avant", et n'ont laissé aucune chance de survie au rugbyman, brisant sa colonne vertébrale, atteignant le foie, les reins et un poumon, causant une "hémorragie massive" et "une défaillance de la pompe cardiaque" extrêmement rapide.
Même s'ils sont intervenus très vite, les secours ne pouvaient pas le sauver, selon la médecin.
Le président de la cour Franck Zientara demande si Federico Martin Aramburu s'est senti mourir. "Il le dit" à son ami Shaun Hegarty avant d'expirer, rappelle la légiste.
A-t-il souffert, physiquement comme moralement ? Les blessures à la colonne sont très douloureuses et avant de rendre son dernier souffle, Federico Martin Aramburu a eu "du mal à reprendre son air", "c'est très anxiogène", répond-elle. "Il a vu les armes", il a eu "la conscience de la dangerosité" de ses blessures.
"Après avoir ressenti cette détresse respiratoire", "il doit ressentir une chute de la pression artérielle". Dans cette situation, "on sent comme des vertiges comme si on était en train de partir", décrit-elle.
Les tirs de Bouvier avaient atteint la victime de face sur la cuisse puis de profil au bas de la poitrine.
Si Le Priol n'avait pas fait feu ensuite, ces tirs auraient entraîné une interruption temporaire de travail de quinze jours, a estimé la légiste.
"Exécution"
Après ces tirs, Aramburu était resté debout et avait eu la force de s'empoigner avec Le Priol. Le rugbyman présentait alors une alcoolémie importante: "L'alcool en grande quantité (...) diminue la sensation de douleur" et "quand il y a une blessure par arme à feu, la douleur n'est pas immédiate", a expliqué la médecin.
Jeudi, un enquêteur de la brigade criminelle de la PJ parisienne, avait décrit le crime comme une "exécution".
Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu le 25 septembre.








