Les pompiers grévistes "désabusés" après leur entrevue avec le gouvernement

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Au premier jour de leur grève mardi, ils sont ressortis du ministère de l'Intérieur "désabusés" et empreints d'un "sentiment de mépris". Ils réclament des moyens financiers, matériels et humains.
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"Nous attendions une grande loi, nous découvrons aujourd'hui un texte qui évite les sujets essentiels", a réagi lors d'un point-presse Xavier Boy, du syndicat FA SPP-PATS et porte-parole de l’intersyndicale de pompiers professionnels.

En première ligne depuis juin face aux feux d'une virulence inédite, tout en assurant au quotidien les secours à la personne, les neuf organisations syndicales ont été reçues par le directeur de la sécurité civile qui leur a présenté dans la matinée les premiers chapitres d'un projet de loi dit de modernisation de la sécurité civile. 

Pour faire entendre leurs revendications, les syndicats ont appelé à partir de mardi à une mobilisation nationale. Leur préavis court a "minima" jusqu'au 20 octobre, ont-ils rappelé, soit la date du début de l'examen du projet de loi de finances censé contenir d'autres mesures les concernant. 

"On fait grève pour la population"

"On ne fait pas grève pour avoir des primes, on fait grève pour vous, pour la distribution des secours, on fait grève pour la population", insiste M. Boy qui évoque un "sentiment de mépris" pour la profession et par-delà, de la population même.

Le 13 août, lors d'une première mobilisation et une entrevue avec Laurent Nuñez quelques jours après le feu dantesque de Gironde et la mort de deux pompiers en intervention, "on a eu un blabla politique (....) Là on a vu un blabla institutionnel", a réagi pour sa part David Saquet (Unsa). 

"La colère va monter, elle gronde dans les casernes" et "avec ce qu'on vient d'avoir ce matin, elle n'est pas près de s'apaiser, ça c'est une certitude", prévient-il.

Même si le mouvement n'a pas d'impact sur les secours car des réquisitions sont possibles, les attentes sont très fortes et les pompiers professionnels (des fonctionnaires territoriaux), comptent déployer banderoles et messages sur les camions ou comme les représentants syndicaux, un écusson "gréviste" noir scratché sur l'épaule.

Les pompiers réclament 21 000 pompiers professionnels en plus

Selon le document consulté par l'AFP, le projet de loi traite de la modernisation des SIS et l'"adaptation des moyens humains". Il comprend également un renforcement du pilotage de la mission de secours d'urgence via un contrat territorial qui prévoit de placer la coordination entre Samu, ambulanciers privés, SDIS et associations agréées de type Protection civile, sous l'autorité du préfet chargé de définir les responsabilités de chacun.

Les syndicats réclament l'embauche de 21 000 professionnels, un nombre calculé sur la base d'un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) de 2025, autant de postes aujourd'hui occupés par des pompiers volontaires. 

D'autres mesures du projet de loi sont en attente de validation interministérielles. D'ici là, les syndicats appellent aussi à manifester le 29 septembre à Paris.

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