Libération de gazole : ce qu'il faut savoir

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La France a annoncé mercredi mettre à disposition dix millions de barils de gazole issus de ses stocks stratégiques afin de diminuer de 12 à 18 centimes le prix du litre à la pompe. Explication des mécanismes à l’œuvre.
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Quelle est la part de gazole libérée ?

Le stock stratégique de diesel en France est constitué de "50 millions de barils", a expliqué la ministre de l’Énergie Maud Bregeon jeudi matin sur France Info. Il représente environ la moitié des stocks totaux de produits pétroliers.

La libération annoncée est donc d'environ 20 % des stocks de gazole et 10 % des stocks totaux. 

Selon un document de la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité (Sagess), en 2024, le reste des stocks stratégiques était constitué à 30,6 % de brut, à 9,1 % d'essence,  à 7,8 % de carburéacteur pour moteurs d'avion et à 2,7 %, de fioul domestique.

En mars, l'annonce de la libération de 400 millions de barils de pétrole par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) correspondait à une déstockage de 14,5 millions de barils pour la France.

"Mais il y a eu moins de stocks libérés (par la France) que l'objectif initialement posé sur la table", a indiqué Maud Bregeon jeudi.

Les dix millions annoncés représentent "bien davantage de volume que ce que nous avons fait" en mars, a-t-elle ajouté.

Quelles sont les modalités de libération des stocks ?

Sébastien Lecornu a annoncé la signature prochaine d'un décret "permettant cette opération prévue pour durer 3 mois".

Une réunion est en vue avec les distributeurs dans les prochains jours pour en déterminer les modalités.

La mise à disposition des stocks de la Sagess s'effectue habituellement sous forme de prêt.

"Il ne s’agit pas de ventes", indiquait son PDG à l'Assemblée nationale en avril. "En cas de crise, ces stocks sont rendus disponibles au profit des distributeurs (...) sous forme de prêt avec une obligation de restitution sous un mois", ajoutait-il.

Mais "il est aussi possible de demander à la Sagess de procéder à la vente de ses stocks, et dans ce cas cela peut se faire au coût moyen pondéré d'acquisition, qui est très faible car les stocks sont anciens", explique de son côté le cabinet de la ministre de l'Énergie à l'AFP.

Un délai d'un an, plutôt qu'un mois, est aussi envisagé par le gouvernement pour reconstituer les stocks.

Quelle conséquence pour les prix ?

La consommation française de diesel sur trois mois s'établit à 54 millions de barils, a indiqué le gouvernement.

Les dix milliards prochainement libérés auront été achetés à 0,28 euro par litre, bien moins que le prix du marché actuel, qui s'établit à 1,10 euro par litre, indique Matignon.

"L'objectif, c'est d'arriver à avoir une baisse entre douze et 18 centimes qui se répercute les semaines à venir au prix à la pompe", a expliqué Maud Bregeon jeudi matin.

Jeudi, le prix moyen du gazole était à un peu plus de 2,35 euros le litre, selon un calcul de l'AFP basé sur les remontées de plus de 9.000 stations.

Pour un achat de 50L de diesel, la baisse prévue par le gouvernement représenterait donc entre 6 et 9 euros d'économie.

La mesure annoncée par le gouvernement concerne aussi le gazole non routier (GNR) utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs ou le BTP.

Mais l'essence, à près de 2,15 euros le litre de SP95-E10 jeudi, selon les calculs de l'AFP, n'est pas concernée.

"C'est sur le diesel que les prix sont le plus élevés", a justifié Maud Bregeon sur France info, ajoutant que "les principales tensions à l'échelle internationale, et notamment sur le raffinage, sont sur le diesel".

Y a-t-il des risques de rupture d'approvisionnement ?

"Nous avons un stock stratégique suffisamment important" pour que les stocks libérés "n'impactent pas notre sécurité d'approvisionnement", a indique Maud Bregeon jeudi matin.

Des volumes ont été "sécurisés" auprès de l'Irak ou du Canada, a précisé la ministre.

Une mission visant à rechercher auprès des "partenaires internationaux" des "marges de manœuvre supplémentaires pour sécuriser nos approvisionnements énergétiques", a aussi été confiée jeudi par le Premier ministre à Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur, pour une durée de trois mois. 

"Il s’agit d’anticiper sur la reconstruction" des stocks libérés, a indiqué le ministre jeudi. 

L’objectif est de mobiliser des volumes supplémentaires et de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment en gazole, en carburant aérien et en gaz, selon son cabinet. Des pistes ont été identifiées dans le Golfe et au Nigeria.

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