Depuis sa mort, le 2 juin, de nombreuses voix s'étaient élevées pour dénoncer un crime homophobe et l'Assemblée nationale a associé mardi ce drame à la mort de Lyhanna, 11 ans, lors d'une minute de silence.
Mais le parquet estimait jusqu'à présent que les premiers éléments de l'enquête ne permettaient pas d'étayer la thèse selon laquelle Noahm aurait été agressé parce qu'il était homosexuel.
"récupération politique"
Noahm a été violemment agressé le 30 mai au petit matin à Metz. Il est mort des suites de ses blessures.
Selon une source policière, l'agression est venue d'un motif futile entre deux groupes qui avaient dans un premier temps sympathisé, avant que les mis en cause ne s'énervent et demandent à la victime et ses amis d'effacer des vidéos qu'ils avaient pris d'eux en train de danser.
Le jour du décès du jeune homme, l'association messine Couleurs Gaies a organisé un rassemblement à Metz.
Puis la semaine dernière, le candidat insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a évoqué, dans un message sur X, "une agression homophobe".
Les parents de la victime ont cependant dénoncé toute "récupération politique" de la mort de leur fils. Ils sont "effondrés" et en ont "ras-le-bol (...) de constater toute cette récupération politique" autour du meurtre de Noahm, a indiqué mercredi leur avocate, Sophie Friha.
"On ne veut pas que Noahm soit instrumentalisé par un parti", a déclaré l'avocate, disant que les parents de la victime voulaient surtout "une prise de conscience sociétale" et davantage "d'éducation" des jeunes face à la violence.
"Ce qui n'est plus tolérable, c'est qu'il n'y a pas une année où il n'y a pas un enfant qui meurt pour rien, pour un regard, au centre-ville de Metz", a poursuivi Me Friha.
"Emotion de la nation"
Dans une tribune publiée dans Libération, Julia Torlet, co-présidente de SOS Homophobie, a réclamé au nom de l'association une minute de silence à l'Assemblée nationale pour Noahm, "tué parce que gay".
Elle a été observée mardi, également pour Lyhanna et un gendarme tué dans l'accident d'un hélicoptère dimanche.
"Dans notre République, personne, absolument personne, ne devrait être insulté, harcelé, tué, pour être qui il est, pour simplement aimer", a déclaré la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Pour les parents de Noahm, "apolitiques", cette minute de silence serait "intéressante" seulement "si elle permettait à ce qu'on n'arrive plus à ce genre de situation, à ces accès de violence de la part de jeunes".






