"Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union Etudiante. "J'appelle toutes et tous à rejoindre encore plus massivement les mobilisations (...) et les manifestations dès ce mardi (...) sur tout le territoire".
L'appel est intervenu quelques minutes avant que le ministre de l'Education Edouard Geffray, ainsi que Philippe Baptiste pour l'enseignement supérieur et la recherche, ne reçoivent les trois principales associations lycéennes.
En matinée, à Reims où il était en déplacement dans un lycée, Edouard Geffray avait annoncé la présentation d'un "plan d'urgence" sur les remplacements d'ici "quelques heures ou quelques jours".
Ce jeudi, dans plusieurs villes, des manifestations sont en cours mais de moindre ampleur que mardi où elles avaient rassemblé entre 266.000 et 450.000 personnes sur toute la France.
La mobilisation semble toutefois sujette à interprétations très variable entre les syndicats et les autorités.
Des chiffres contradictoires
Selon le ministère de l'Education, "environ 96% des établissements sont ouverts" et 157 lycées (sur 3.700) fermés à la mi-journée, a précisé le ministère de l'Education, qui indique par ailleurs que la grève des personnels n'est quasiment pas suivie.
Mais le président de l'Union syndicale lycéenne Ryad Rani évoque lui "2.000 lycées à l'arrêt" et "une massification du mouvement".
A Paris, plusieurs milliers de personnes sont rassemblées place de la Bastille après la déambulation de plusieurs cortèges.
Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" ou encore "35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable" y sont audibles, tandis qu'une grande banderole ""GenZ en colère" est brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de la place.
Bally Bagayoko, maire LFI de St Denis, y a été accueilli au son de "Bally, Bally, Bally".
En matinée, un point chaud s'est concentré autour de l'université d'Assas, avec des jets de pommes de terre sur les CRS qui ont usé de gaz lacrymogène puis un sit-in des étudiants avec parmi eux, le député LFI, Louis Boyard. Non loin de là, fait rare, l'Institut catholique de Paris (ICP) était également bloqué.
A Lille, où 3.200 personnes ont manifesté selon la préfecture, Manon, 45 ans, a accompagné sa fille Lola, âgée de 15 ans : "On combat ensemble, on a les mêmes revendications", explique la mère de famille.
Rénover le bâti et suppression de Parcoursup
"On ne veut pas des paroles, on veut des actions. On se mobilisera jusqu'à ce qu'il y ait de réelles avancées", a affirmé à Nantes Camille, 17 ans, derrière une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire "Ni chair à canon, ni chair à patron".
Ils étaient moins nombreux qu'il y a deux jours, tout comme à Rennes où la police a décompté 3.400 manifestants (contre 9.500 mardi). Dans la région lyonnaise, la manifestation, partie de la ville de Bron, a rassemblé environ 3.500 personnes.
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l'université, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.
Selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes depuis le début du mouvement. Au total, 215 élèves et 85 membres du personnel de l'Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes. Le ministre a annoncé mercredi la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens.








