Les candidats LFI aux municipales à Marseille et Toulouse ont été visés par une ingérence numérique venant de l'étranger, ont indiqué mardi à l'AFP des sources sécuritaires, précisant que des investigations étaient toujours en cours pour en déterminer l'origine géographique.
Dans cette opération de manipulation visant les deux députés Sébastien Delogu et François Piquemal, il y a des "marqueurs techniques numériques qui pointent vers l'étranger", a précisé l'une de ces sources, confirmant une information du journal Le Monde.
Sébastien Delogu a indiqué avoir déposé plainte pour des "faits de diffamation à l'égard d'un particulier par image ou communication par voie électronique", a-t-on appris mardi auprès de son avocat, Yonès Taguelmint.
Elle concerne notamment des publications d'un "blog de Sophie", se présentant comme celui d'une ancienne collaboratrice écrivant sous pseudo et assurant avoir pour objectif de décrire "comment Sébastien Delogu m'a fait du mal et a détruit ma vie". Il contient notamment des insinuations pouvant laisser penser à des violences.
Le site du blog, comme ses déclinaisons sur Facebook ou X, n'étaient plus accessibles mardi, a constaté l'AFP.
Selon les informations du Monde, ce blog est lié à "un tissu de faux comptes sur le réseau social" X, qui cible également le candidat LFI à la mairie de Toulouse, François Piquemal.
L'équipe de campagne de M. Piquemal a indiqué de son côté à l'AFP que le candidat entendait déposer plainte "cette semaine" sur ces faits.
Selon Le Monde, cette nébuleuse de faux comptes utilisant l'IA, serait "utilisé(e) pour promouvoir des messages d'Elnet (...) lobby pro-israélien installé en Europe et enregistré, en France (...) en conflit ouvert avec LFI".
MM. Delogu et Piquemal sont tous deux très engagés dans l'opposition aux opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza.
"Après avoir été traité de trafiquant, d'allié de l'extrême droite, voilà que des agences d'influence étrangères organisent des campagnes de désinformation infamantes contre moi. Le lobby pro-israélien Elnet pourrait être impliqué. Ils ne me font pas peur. Je ne cèderai pas", a écrit lundi sur X le député de Marseille.
"Nous demandons à ce que les autorités de notre pays fassent respecter l'intégrité du processus électoral. Le commanditaire et l'exécutant de cette opération doivent être mis hors d’état de nuire", a écrit de son côté Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, lui aussi député de Marseille.
"Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et autres agences d'influence", a ajouté le parlementaire, qui se trouve en 29e position sur la liste de M. Delogu.
La semaine dernière, le candidat de centre-droit aux municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel, avait lui aussi fait l'objet d'une opération d'ingérence numérique, menée par un réseau lié à la Russie, selon Viginum, le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne.
Les autorités avaient également détecté fin février une première ingérence numérique visant les municipales, dans une opération à visée lucrative cette fois. Un réseau de faux sites pilotés depuis l'Asie du Sud avait visé plusieurs candidats à la mairie de Paris.






