Pour la prix Nobel de la paix Navi Pillay, les sanctions américaines contre la CPI sont "inacceptables"

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La juriste sud-africaine Navi Pillay, octogénaire, lauréate du prix Nobel de la paix 2026, a jugé samedi "inacceptables" les sanctions annoncées par les États-Unis contre la Cour pénale internationale.
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"Il y a tellement de tension et d'inquiétude à propos de la pérennité des tribunaux internationaux, en particulier la Cour pénale internationale de La Haye", a déclaré Navi Pillay, qui participait en visioconférence depuis Nuremberg (Allemagne) à un événement organisé au Centre Nobel de la paix à Oslo.

"Plus grave encore, des sanctions ont été annoncées par un pays contre des juges, en raison des décisions qu'ils ont ordonnées. C'est du jamais-vu et c'est inacceptable", a ajouté cette femme de 85 ans, qui avait lancé lors de sa nomination un plaidoyer pour le droit international attaqué de toutes parts.

Navi Pillay a notamment présidé une commission d'enquête indépendante de l'ONU qui, l'an dernier, a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.

Vivement décrié par Israël, le choix du comité Nobel norvégien a été suivi par l'annonce de la future adoption de nouvelles sanctions par Washington à l'encontre de la CPI, pilier de l'ordre juridique mondial.

"Tribunal voyou"

Pour Washington, ces sanctions se justifient par la nécessité de "défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale", selon un communiqué publié par le département d'Etat.

"Ils veulent plus de pouvoir et le veulent à nos dépens", a affirmé le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, qualifiant au passage la CPI de "tribunal voyou".

Ces sanctions, une fois appliquées, entraîneront l'interdiction de toute transaction financière avec la CPI, afin de "la couper de ses ressources et réduire sa capacité à opérer", a-t-il précisé.

Elles n'entrent cependant pas immédiatement en vigueur, le gouvernement américain les assortissant d'une période de grâce de six mois qui vise à "donner du temps pour que les États parties démontrent des programmes visibles afin de répondre aux inquiétudes des États-Unis concernant la CPI", selon le communiqué.

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