Pourquoi ce pays du Pacifique change de nom ?

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Le quatrième plus petit pays du monde change de nom, et passe de Nauru à Naoero. Derrière ce changement, une rupture avec son passé colonial et une bataille pour l’avenir de l’île, menacée par le dérèglement climatique.
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Adeptes de mots fléchés, dans les cases “petit pays de Micronésie”, n’écrivez plus Nauru, mais Naoero (oui, il faudra une lettre en plus). Le 29 juillet 2026, le Parlement du 4e plus petit pays a voté pour le changement de nom officiel de sa nation. Un changement symbolique, mais pas que. On vous explique. 

C’est sur Facebook que le gouvernement de la République de Naoero a acté le changement : “Notre pays adopte un nouveau nom, marquant le début d'un renouveau de la fierté nationale.” Concrètement, toutes les institutions de l’île vont devoir s'approprier ce nouveau nom, ainsi que les Nations unies. Même “les avions et des navires nationaux (...)” vont devoir être renommés.

Enterrer le passé colonial

Avec ses 12 000 habitants, et ses 21 km2 de surface, Naoero fait partie des plus petites nations de la planète. Située dans le Pacifique Sud, près de la Nouvelle-Zélande, elle a été colonisée plusieurs fois par des pays occidentaux, comme l’Allemagne ou l’Australie, entre les 19e et 20e siècles.

“Nauru est né parce que Naoero ne pouvait pas être correctement prononcé par les étrangers. Ce nom a été modifié non pas par notre choix, mais par souci de commodité”, justifie le gouvernement, toujours sur Facebook. “Cela marque le début d'un renouveau de la fierté nationale et l'ouverture d'un nouveau chapitre fondé sur l'unité, la responsabilité, le patriotisme, une meilleure santé, une éducation de qualité et le développement durable.” 

Un changement de nom post-colonial qui est loin d'être le premier, de la Gold Coast devenu le Ghana en 1957 après son indépendance de l'Angleterre au Swaziland devenu officielle Eswatini en 2018 et la Turquie devenue officiellement Türkiye en 2022.

En finir avec “le pays qui s’est mangé lui-même”

Au-delà du colonial, l’idée d’un renouveau de Naoero n’est pas anodine. Dans cette vidéo Brut., nous vous expliquions déjà l’histoire tragique de ce pays “qui s’est mangé lui-même”, passé de richesse économique grâce à ses réserves naturelles de phosphate à une nation ruinée dans les années 1990.

Aujourd’hui, l’île fait aussi directement face au dérèglement climatique : baisse de la biodiversité et montée des eaux menacent le territoire.

“L'avenir de Naoero sera construit en tirant les leçons des erreurs du passé et en mettant à profit l'expérience acquise pour prendre des décisions plus avisées au bénéfice des générations futures”, conclut le gouvernement de Naoero. 

En novembre 2025, il avait lancé un programme étonnant de “visas dorés” pour financer sa lutte contre le dérèglement climatique, comme le rapportait France Info. Pour la modique somme de 105 000 dollars (environ 100 000 euros), les heureux acheteurs pouvaient bénéficier de la nationalité et du passeport de la nation.

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