“Space Montaigne” : la BD sur les coulisses d’une BD

Sortie le 22 mai aux éditions Dargaud, la bande dessinée “Space Montaigne” raconte les déboires de l’autrice Marion Montaigne pour réaliser une bande dessinée sur l’astronaute Thomas Pesquet. La BD nous partage tous les dessous de la vie d’artiste : doutes, angoisses et recherches effrénées pour porter au mieux les propos d’une des personnalités préférées des Français.
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“Jamais je ne vais y arriver” ; “C’est nul !” ; “Je dis n’importe quoi” : telles sont les remarques que s’inflige la dessinatrice de bande dessinée Marion Montaigne à elle-même. Dans son dernier ouvrage “Space Montaigne” (Dargaud, 2026, 168 pages), on la suit en train de créer ce que sera son best-seller, la bande dessinée “Dans la combi de Thomas Pesquet” (Dargaud, 2017, 208 pages). 

Pour la réaliser, elle partage en premier lieu ses angoisses et se demande : “Qu’est-ce qu’une autrice de BD ?” Le projet est au départ tourné vers l’espace en général. Elle cherche, tâtonne, rencontre des personnes sans trop savoir où elle va. S’ensuit une remarque d’un proche qui la met sur la voie magique : “Et si tu écrivais et dessinait sur Thomas ?” C’est la révélation, même si la tâche ne sera pas aisée. 

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Car tout au long de l’ouvrage, c’est la peur qui domine. Elle est présentée à de multiples reprises par des bulles qui coulent, Marion qui pleure et dit qu’elle est “nulle”. Elle partage sans filtre toutes ses angoisses, ses réflexions les plus profondes sur le projet, mais surtout l’image qu’elle dégage face à une star : l’astronaute Thomas Pesquet. Lui est représenté imposant, sûr de lui et imperméable à la moindre émotion. Les deux caractères que tout oppose cohabitent pour créer une bande dessinée foutraque à l’autodérision assumée. “C’est tellement confortable d’avoir affaire à quelqu’un qui sait gérer ses émotions, lui”, confie l’autrice dans l’ouvrage. 

Alors, comment faire quand on est perdue dans la réalisation d’un tel projet ? Marion trouve la solution auprès de celles et ceux qui entourent Thomas Pesquet. Ces personnes ressources sont autant de filtres entre son monde et la réalité et rappellent une chose au lecteur : la bande dessinée n’est pas un travail solitaire. 

Du Texas à Baïkonour

Que ce soit en Russie, aux États-Unis ou au centre de lancement spatial de Baïkonour, elle suit l’astronaute dans les coulisses de sa préparation pour rejoindre la Station spatiale internationale (ISS), avant un vol prévu en novembre 2016. Loin des combinaisons spatiales, on apprend que ce bourreau de travail réalise quotidiennement des entraînements physiques, des cours théoriques et de la préparation au vol. Il le dit lui-même : “tu dois tout montrer” et en cela “casser les stéréotypes” autour de la figure des astronautes. 

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Car c’est aussi la force de l’ouvrage : montrer ce que l’on ne voit pas avec aisance. Marion Montaigne vulgarise avec minutie la complexité de l’astronomie. On aperçoit des vaisseaux spatiaux géants qui prennent toute une page, des simulateurs avec plein de boutons écrits en russe, des cerveaux qui fument à force de réfléchir, etc. Tout ceci constitue une aventure originale, cocasse. C’est une BD pour savoir comment faire de la BD sur un sujet compliqué de prime abord. Avec soin, Marion Montaigne cache sous l’humour caustique un travail exigeant porté par le doute. Le lecteur appréciera la tirade finale sur “pourquoi les humains font ce qu’ils font”. Une manière de se rassurer dans l’idée que son métier d’autrice a autant de sens que celui de Thomas Pesquet. 

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