Une "quarantaine" de morts, deux Français parmi les blessés...Ce que l'on sait de l'incendie dans un bar de Crans-Montana, en Suisse

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Un incendie accidentel dans un bar bondé de la station huppée de Crans-Montana, dans les Alpes suisses, a fait "une quarantaine" de morts et 115 blessés durant la nuit du nouvel an, selon les autorités. Le service des urgences du principal hôpital du Valais étant saturé, des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux comme à Lausanne, Genève ou Zurich.
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"L'une des pires tragédies que notre pays ait connu". Ces mots, prononcés par Guy Parmelin, Président de la Confédération suisse, illustrent l'ampleur de la tragédie qui a frappé la Suisse la nuit dernière.

Un incendie accidentel dans un bar bondé de la station huppée de Crans-Montana, dans les Alpes suisses, a fait "une quarantaine" de morts et 115 blessés, "la plupart grièvement", durant la nuit du nouvel an, a annoncé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, au cours d'une conférence de presse à Sion (sud-ouest de la Suisse).

Vers 01h30 locales (00h30 GMT), "un incendie d'origine indéterminée s'est produit dans le bar Le Constellation à Crans-Montana", fréquenté par de nombreux touristes, explique dans un communiqué publié jeudi matin la police du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse.

Les autorités cantonales ont indiqué qu'une enquête était en cours pour déterminer les causes de l'incendie, mais disent exclure la piste de l'attentat. Le conseiller d'Etat du Valais en charge de la sécurité Stéphane Ganzer a précisé devant la presse qu'il y avait eu une déflagration, mais qu'elle avait été consécutive à l'embrasement des lieux.

Les propriétaires du bar qui a pris feu sont sont un couple de Français, originaires de Corse, a appris l'AFP de sources concordantes. Selon le registre du commerce du canton suisse du Valais, consulté par l'AFP, le bar Le Constellation appartient depuis 2015 à un couple présenté comme étant de nationalité française.

Cette information, initialement révélée par le journal français Corse-Matin, a été confirmée à l'AFP par un ami du couple, Jean-Thomas Filippini, qui a également assuré que les deux propriétaires du bar étaient en vie.

"Scène de chaos"

Sur des images filmées par un touriste américain, on peut voir de grandes flammes oranges s'élever à l'intérieur du bar, et on entend des cris de terreur.

Des témoins ont décrit des scènes d'horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s'échapper, tandis que d'autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue. M. Ganzer a évoqué "une scène de chaos, une scène dramatique".

Le service des urgences du principal hôpital du Valais étant saturé, des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux comme à Lausanne, Genève ou Zurich.

La procureure générale du canton Béatrice Pilloud a déclaré que d'importants moyens étaient mobilisés "pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible", mais ce que processus prendrait certainement du temps.

"Les conséquences de ce drame vont se répercuter sur différents services et différentes entités durant plusieurs jours", a poursuivi M. Ganzer, précisant que "plusieurs centaines de personnes" ont été ou allaient être "affectées aux secours, aux soins, aux investigations, à la gestion et à la coordination".

"Ca a pris feu d'un coup"

Le Constellation peut accueillir 300 personnes à l'intérieur et 40 en terrasse, selon son site internet. Situé au rez-de-chaussée d'un immeuble, il dispose d'un sous-sol où sont organisées des soirées et événements, selon le quotidien suisse 24 Heures.

Les autorités redoutent que des étrangers fassent partie des victimes, la renommée internationale de la station de Crans-Montana y attirant des touristes du monde entier.

Au moins deux Français figurent parmi les blessés, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères. De son côté, le président français Emmanuel Macron a fait part de sa "profonde émotion" après le drame, adressant à la Suisse "la pleine solidarité de la France".

Environ "une quinzaine d'Italiens" ont été blessés dans l'incendie et sont actuellement hospitalisés, a déclaré sur la chaîne Rete4 le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Il a précisé que les familles de ces personnes disparues avaient "contacté l'unité de crise et l'ambassade" pour demander des nouvelles de leurs proches.

Le ministre a précisé peu après, sur la chaîne Sky TG24, que le nombre d'Italiens portés disparus avait grimpé à 16 mais que le bilan restait "incertain".

Les autorités du Valais, qui on annoncé avoir ouvert une instruction pour "incendie", ne s'avancent pas dans l'immédiat sur les causes du drame, mais plusieurs témoignages concordent sur l'éventuelle cause du sinistre.

Ces témoignages diffusés par différents médias suisses, français et italiens ont indiqué que des bougies étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d'une autre avaient provoqué l'incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu'il s'agissait d'un "show" habituel dans l'établissement.

"Il me semble qu'il y avait des dames, des serveuses, avec des bouteilles de champagne avec des petites fusées. Elles ont été trop, trop près du plafond, et ben ça a pris feu d'un coup", a notamment raconté Axel, présent au moment du drame, au média italien Local Team.

"Mon fils est introuvable"

"Je suis sous le choc", a déclaré de son côté à la chaîne de télévision publique suisse RTS Alexis Laguerre, jeune homme qui marchait avec des amis devant le bar lorsqu'ils ont aperçu de la fumée puis des flammes s'échappant de l'établissement. "Les gens couraient au milieu des flammes… Certains essayaient de briser les vitres avec des chaises".

Alex, 21 ans, a déclaré à la RTS qu'il était arrivé sur les lieux peu après avoir entendu une forte explosion. Dans une forte odeur de gaz mêlée à celle de plastique fondu, il a décrit avoir vu des gens fuir le bar, brûlés, et des personnes crier à l'aide. "J'en ai encore des frissons", a-t-il confié.

Les gens à la recherche de proches sont dirigés vers un centre des congrès où un dispositif d'accueil a été mis en place.

"Mon fils est introuvable", se lamente une mère en larmes, citée par 24 Heures, "personne ne sait où il est".

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