60 % des Françaises disent avoir été agressées sexuellement dans un lieu festif.

Zones réservées aux femmes, ateliers de Krav Maga… Pour lutter contre le harcèlement sexuel, plusieurs festivals ont pris des initiatives.

Les festivals tentent de lutter contre le harcèlement

Alors que la saison des festivals est déjà bien entamée, 60 % des Françaises déclarent avoir été agressées sexuellement dans un lieu festif. Face à ce phénomène, plusieurs festivals ont pris des initiatives anti-harcèlement sexuel.

« Quand j’avais environ 17 ans, je suis allée au festival de Reading avec ma meilleure amie. On était assises devant notre tente et un mec est arrivé, il sautait partout et il a juste décidé de sortir son pénis et de l’agiter devant nous » raconte Beth Granter, militante. Ce genre d’histoire leur semble « tellement fréquent » dans ce genre d’évènements, que Beth Granter et son amie ne pensent même pas à rapporter cette agression à quelqu’un.

Selon une étude réalisée par Consentis en juin 2018, 60 % des Françaises déclarent avoir été agressées sexuellement dans un lieu festif. De nombreux festivals essayent donc de mettre en place des initiatives pour lutter contre le harcèlement sexuel. En France, par exemple, depuis 2014, l’association Stop Harcèlement de rue intervient aux Solidays et à la Fête de l’Huma. L’association Stop Harcèlement de rue propose notamment des ateliers de Krav Maga et des formations aux organisateurs, pour prévenir les comportements de harcèlement.   En Suède, en 2017, 4 viols et 23 agressions sexuelles ont été recensés au cours du festival de Bråvalla, le plus grand festival du pays. Cela a convaincu la comédienne Emma Knyckare de créer un festival réservé aux femmes, aux personnes transgenres et non-binaires : le Statement. « Ce sont surtout les femmes et je pense les transgenres et non-binaires aussi qui ne se sentaient pas en sécurité dans les festivals à cause des hommes et des agressions qui ont eu lieu » explique une participante au Statement.

La première édition du festival Statement, notamment financée grâce à un crowdfunding, s’est déroulée à Göteborg en août 2018. « On a l'impression qu'il n'y a plus de tension. Nous affirmons quelque chose ensemble. Je ne crois pas au séparatisme total mais je pense que ce festival est super important » déclare Hanna, une festivalière participant à la première édition du festival Statement.

Dès 2016, le festival anglais de Glastonbury a créé une zone réservée aux femmes baptisée « The Sisterhood », soit « La solidarité féminine ». Les organisateurs du festival de Glastonbury justifiaient cette initiative ainsi : « Les espaces réservés aux femmes sont nécessaires dans un monde qui est encore dirigé par les hommes ».

Pour Beth Granter, militante féministe, il y a encore du travail : « Je pense que les festivals doivent donner plus de visibilité à ce problème » déclare-t-elle. Beth Granter ajoute : « Je suis sûre qu’ils veulent prétendre que ça n’arrive pas, que ça ne les concerne pas, mais tout l’environnement et toute la culture permet que ce genre de choses arrive. Quelqu’un doit faire quelque chose et les festivals sont bien placés pour le faire. » 

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Brut.