Banlieusards, le film : Brut a rencontré Kery James

"Ce que j'ai essayé de faire avec le film, c'est de nous apporter une humanité qu'on nous a souvent volé." Donner une autre image de la banlieue, c'est l'ambition du film "Banlieusards" de Leïla Sy et KERY JAMES. Brut a rencontré le rappeur. Voici son message.

Dans “Banlieusards” Kery James souhaite donner une autre image de la banlieue. Le co-réalisateur raconte à Brut.

Le film “Banlieusards” raconte l’histoire de trois frères vivant dans des quartiers sensibles d’une banlieue parisienne. Co-réalisé par Kery James et Leila Sy, le film a l’objectif de donner une image différente de la banlieue. Il s’agit, pour les réalisateurs, d’apporter “une humanité souvent volée” à ces quartiers de banlieue, au sein desquels Kery James a lui-même grandi.

La rue ce n’est pas fait pour tout le monde”, affirme Kery James. Selon l’artiste, la rue suscite la violence, tandis que tout le monde n’est pas capable d’être violent. Pour le réalisateur, il ne s’agit pas d’une “population particulière qui aurait cette violence dans le sang”. En effet, selon Kery James, la précarité incite les gens à faire des choix qui ne sont pas toujours bons. Néanmoins, Kery James insiste sur le fait que la plupart des jeunes de banlieue étudient, travaillent et veulent s’en sortir. “Il reste une minorité qui a cédé à l’illicite mais ça reste une minorité”, pense-t-il.

“Il ne faut pas attendre des autres qu’ils nous mettent en lumière, c’est à nous de le faire”

Kery James raconte être, quelques fois, traité de manière privilégiée, lorsqu’il lui arrive d’être reconnu grâce à son nom. Cependant, dès lors qu’il n’est pas reconnu “en tant que Kery James”, il a l’impression d’être vu “seulement comme un noir parmi les autres”. Pour le réalisateur, “on a beau avoir de l’argent, dans cette société, on ne devient pas blanc pour autant.” En effet, Kery James regrette le fait qu’il y a “toujours un moment où l’on peut être ramené à notre réalité, à notre couleur, à notre origine.

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Brut.