Le quotidien en hôpital psychiatrique français

Placée en hôpital psychiatrique à 17 ans, Laetitia a été diagnostiquée à 27 ans d'un trouble de la personnalité borderline. Elle raconte.

“Aux urgences psychiatriques de Saint-Anne, on était tous mélangés avec tous les cas. C'est très étrange”

“Je suis rentrée en hôpital psychiatrique à 17 ans. A l'époque, je ne me rendais pas compte que ça valait le coup qu'on me sauve la vie” raconte Laetitia Bocquet, autrice de Comment survivre en hôpital psychiatrique (en fumant des tonnes de cigarettes). “Après une tentative de suicide, s'il y a encore des risques, et il y en avait chez moi, on est obligé d'interner la personne. Donc, mes parents n'avaient pas le choix, en réalité, et aujourd'hui, je les remercie”. Des urgences classiques, elle est rapidement envoyée aux urgences psychiatriques de Saint-Anne. “C'est assez déshumanisant en arrivant. On était tous mélangés avec tous les cas. C'est très étrange, il y a des gens qui te réveillent la nuit en hurlant. Je le vis très, très mal. Je passe beaucoup d'heures en crise à pleurer. Il y a eu un moment où on m'a enfin autorisée à avoir de la musique et mes amis m'ont apporté un CD avec les Strokes et tous les groupes, White Stripes, les groupes de l'époque. La musique m'a aidée à tenir le coup”. Delphine vit avec un trouble de bipolarité, elle raconte

Elle est ensuite envoyée dans le centre pour adolescents. “À part les repas et fumer des cigarettes, ya pas tellement grand-chose à faire. Et c'est difficile de lire et de se concentrer quand on est en dépression sévère. Il y avait cette dynamique adolescente de : "Nous sommes les parias de la société ensemble.” En tout cas, c'est comme ça que je le voyais, moi”. Le diagnostic tombe au bout de 10 ans seulement : “Je n'ai pas pu être diagnostiquée avant mes 27 ans. Donc, j'ai 10 ans où j'ai souffert du trouble de la personnalité borderline sans savoir ce que j'avais. La souffrance que ça cause, on se tourne souvent vers le suicide. C'est très important dans la santé mentale d'être diagnostiqué de quoi qu'on est pour pouvoir se rétablir et obtenir l'aide dont on a besoin. Parce que la vie, elle peut être magnifique, mais on a besoin de nous aider en nous donnant les bons outils.” Rencontre : Daniel Bréhier s'occupe de la santé mentale des migrants

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Brut.