Hadj Ghermoul, symbole de la révolution algérienne

Il était le premier en Algérie à brandir une pancarte contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Pour ce geste, il a passé 6 mois en prison. Aujourd'hui libre, Hadj Ghermoul raconte.

Hadj Ghermoul, un des symboles de la révolution algérienne, revient sur le début de l’opposition face au 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika

Hadj Ghermoul est le premier à s’être publiquement opposé au 5e mandat de d'Abdelaziz Bouteflika à avoir brandi une pancarte contre le 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Il a passé 6 mois en prison. Désormais libre, Hadj Ghermoul revient sur les débuts de la révolution.

En janvier 2019, Abdelaziz Bouteflika s’apprête à se présenter pour la 5e fois à la présidence. Afin de s’y opposer, Hadj Ghermoul brandit une pancarte : il est le premier à le faire.

Hadj Ghermoul, chômeur, se mobilise dans l’espoir d’améliorer sa situation sociale : « Je suivais déjà les actions du Comité national pour la défense des droits des chômeurs et j’étais persuadé que notre problème était un problème politique. »

Le 7 février, l’activiste politique est condamné à 6 mois ferme pour «outrage à corps constitué » et « délit d’ivresse publique ».

En prison, il apprend grâce à des visiteurs que des manifestations ont lieu afin de s’opposer au 5e mandat : « on a eu peur, on n’avait pas eu la précision qu’il s’agissait de manifestations pacifiques mais quand j’ai su que des universitaires étaient sortis pour dire non au 5e mandat, j’ai parlé à mes codétenus et je leur ai dit que Bouteflika ne restera pas plus et que c’était une véritable révolution. »

Hadj Ghermoul est alors devenu un symbole : les détenus politiques le reconnaissent et des citoyens de tous les quartiers d’Algérie sortent manifester, inspirés par son action. « Je ne suis pas un symbole. Ce que j’ai fait, tout le monde peut le faire. Dire non au 5e mandat, c’est le peuple qui l’a fait », insiste-t-il.

Désormais libre, Hadj Ghermoul continue de manifester. Selon lui, il est important de mettre fin au gouvernement, au pouvoir depuis 1962 : « nous avons compris que ces gens-là ne sont à la hauteur de rien et que c’est pour cela que le pays a coulé. »

Depuis février 2019, des étudiants défilent chaque mardi et des défilés plus larges ont lieu chaque vendredi. « On est à un tournant grave. Maintenant, c’est soit la liberté soit la dictature » affirme Hadj Ghermoul.

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Brut.
30 septembre 2019 06:57