Le premier génocide oublié du XXème siècle

En Namibie, les Héréros et les Namas ont été exterminés par les colons allemands. C’était le premier génocide du XXème siècle.

L’histoire du génocide oublié de Namibie

En Namibie, les colons allemands ont exterminé les Héréros et les Namas. C’était le premier génocide du XXème siècle.

En janvier 1904, les Héréros se révoltent contre les colons allemands et font une centaine de morts. En réponse, le général allemand Lothar von Trotha est envoyé pour mater la rébellion. Réputé pour sa cruauté, celui que l'on surnomme parfois « le requin », signe un ordre d'extermination.

L'armée coloniale allemande développe des techniques génocidaires : massacres, exil dans le désert, empoisonnement des puits et camps de concentration. Les enfants, les femmes, les vieillards, les hommes… Tout le monde devait être exterminé et les soldats obligeaient les enfants à regarder les meurtres.

50 % des Namas et 80 % des Héréros ont été tués. En tout, près de 100 000 personnes ont perdu la vie. Alors qu’ils composaient presque 40 % de la population namibienne au début du siècle, les Héréros ne sont plus que 7 % aujourd’hui.

Les crânes des défunts ont été envoyés en Allemagne, pour des expériences scientifiques. Le médecin Eugen Fischer, dont les écrits racistes influencèrent Adolf Hitler, officia aussi dans les camps namibiens. Son objectif : prouver la supériorité de la race blanche.

Depuis une trentaine d'années, les descendants des survivants du génocide de Namibie réclament reconnaissance et réparation auprès des autorités allemandes. « Nous vivons dans la pauvreté, à cause de ce qu'ils nous ont fait à l’époque. Nous voulons des réparations, nous voulons qu'ils nous rendent notre dignité et nos terres » déclare Veronika Kamaakoho Mujazu, descendante de survivants héréros.

Mais les autorités allemandes « refusent systématiquement de nous parler, prétextant que nous ne sommes pas une entité souveraine, ni un État » affirme Vekuii Rukoro, chef héréro. Plusieurs dirigeants allemands ont déjà reconnu ce génocide, mais le gouvernement s'oppose à toutes réparations financières.

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Brut.
7 février 2018 00:00