Il va au travail à cheval pour réduire sa facture de carburant

Il se rend au travail à cheval pour réduire sa facture face à la hausse des prix des carburants. “A 2,30 euros le litre, c’est juste pas possible”.

“2,30€ le litre, c’est juste pas possible, ils ne se rendent pas compte”

Face à la hausse du prix des carburants, la colère gronde en France. Pompiste, Olivier refuse de vendre son carburant à 2,50€ le litre et a décidé de fermer sa station. Louis, 21 ans, a choisi de se rendre au travail à cheval. Brut l’a rencontré.

Louis est serveur en brasserie. Et il y a une semaine, il a pris la décision de rejoindre son bar sur le dos de sa jument pour réduire sa facture de carburant : “Je consommais à peu près 80 euros de gasoil par mois, quelque chose comme ça, en décembre. Et là, j’ai augmenté de 40%. Je suis autour de 120, 130 euros par mois.

Alors, du coup, j’espère qu’avec l’utilisation de ma jument, ça va réduire et ça va retourner à la moyenne que j’étais. Parce que là, c’est juste pas possible. Ils ne se rendent même pas compte que 120 euros sur un salaire, c’est énorme” explique le jeune homme.

Une à deux fois par semaine, il se rend avec sa jument, Éole, 7 ans, dans le bar qui l’emploie. Il quitte son village, Lapte et part en direction d’Yssingeaux. Il met 1 heure et demie contre 12 minutes en voiture.

Combien de kilomètres peut-on faire avec 100€ de carburant ? Découvrez cela dans cette vidéo.

“J’en étais rendu à me demander si ça allait être rentable d’aller au travail”

“Ce qu’ils comprennent pas c’est que dans nos campagnes, les gens sont amenés à faire parfois 100 kilomètres par jour, juste pour aller au travail. Et à 2,30 euros le litre d’essence, c’est juste pas possible, quoi. J’en étais même rendu à un point où je me demandais si ça allait être rentable d’aller au travail pour moi.”

L’été dernier, Louis utilisait tous les jours son vélo. “Il y a plein de moyens alternatifs”. Sa jument, elle lui coûte environ 1500 euros par an. “Ma jument, c’est mon loisir, c’est ce que j’aime faire. Donc j’ai investi mes économies, du temps, de l’argent. Mais c’est par plaisir, alors que la voiture, on est clairement pas sur un plaisir.”

“C’est ma façon à moi de faire parler du problème”

“Je me rends bien compte que tout le monde ne peut pas le faire et ce n’est pas une solution que je propose. C’est vraiment ma façon à moi de faire parler du problème.”

Si le jeune homme ne part pas tous les jours avec sa jument, c’est pour préserver sa santé : “Pour ne pas trop user les fers, pour ne pas trop l’user physiquement, pour ne pas trop l’user mentalement, parce que rester là à attendre, ça la pèse.”

A peine arrivé au bar, le jeune homme part se changer. Éole la jument devra attendre 3 heures et demi, le temps que le service de son propriétaire se termine, pour repartir en sens inverse.

“Je trouve que ça amène un petit peu de légèreté aujourd’hui. Ça donne un petit message” explique Raphaël, propriétaire de la brasserie Le Y qui emploie Louis.

Si le 25 janvier 2022, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé un relèvement du barème d’indemnité kilométrique, les prix des carburants connaissent une flambée, particulièrement sensible dans une contexte de crise économique.

Avec la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentaire, certains Français ont du mal à joindre les deux bouts et les économies se creusent. La guerre en Ukraine pourrait aussi avoir des conséquences sur les prix de l’énergie.

Du Venezuela où le prix de l’essence est extrêmement bas, au Royaume-Uni où le Brexit a fait flamber les prix, en passant par la Norvège, le Liban, le Soudan, etc., voici ce qui se passe si vous voulez faire le plein dans le monde.

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Brut.
22 mars 2022 19:25