Le premier institut esthétique "inclusif" de France

"J'avais pas forcément le courage, j'avais peur du regard des autres." Brûlée au visage depuis l'enfance, Yasmina a poussé la porte de Dulcenae, un centre de beauté "inclusif" qui propose des soins adaptés à tous. Et voilà pourquoi c'est important.

Le premier institut esthétique « inclusif » de France

« J'avais pas forcément le courage, j'avais peur du regard des autres. » Brûlée au visage depuis l'enfance, Yasmina a poussé la porte de Dulcenae, un centre de beauté « inclusif » qui propose des soins adaptés à tous. Et voilà pourquoi c'est important.

Yasmina a été brûlée lors d’un incendie alors qu’elle avait 3 ans et demi. « J'ai très bien vécu avec mes brûlures toute ma petite enfance. Par contre, j'ai eu la fameuse crise identitaire au moment de l’adolescence » raconte-t-elle. C’est le moment où elle prend conscience du regard des autres et du fait qu’elle est différente.

« Par la suite, je comprendrais que c'est plutôt une force et j'arriverais à rebondir sur ma brûlure grâce à, comme je dis, de belles rencontres et aussi… j'espère, la force de mon caractère » précise Yasmina. Néanmoins, il lui a fallu beaucoup de temps avant de retourner dans un institut de beauté, par peur du regard des autres, mais aussi que l’on ne soit « pas forcément à l'aise avec (s)es brûlures ».

À Dulcenae, ce sont des socio-esthéticiennes qui s'occupent des clients, ce qui a tout de suite mis Yasmina en confiance. « Une socio-esthéticienne, c'est une esthéticienne qui s'est spécialisée pendant toute une année auprès de professionnels de la santé : psychiatres, psychologues, oncologues, kinés… Pour pouvoir travailler auprès de publics fragilisés, que ce soit en milieu hospitalier, social, carcéral » explique Julie, elle-même socio-esthéticienne.

Esthéticienne dans un institut classique pendant des années, Julie avait le sentiment qu’il manquait quelque chose dans la pratique de son métier. « Moi aussi, j'ai été touchée par la maladie, donc je sais ce que c'est l'envers du décor et j'avais besoin d'apporter cet autre regard » ajoute-t-elle. Elle décide alors de devenir socio-esthéticienne.

Lorsque Yasmina se rend chez Dulcenae, elle n’en ressort pas simplement maquillée. Les socio-esthéticiennes prennent le temps de discuter avec les clientes, de les réconforter, leur apporter du soutien. « Quand j'étais jeune, (…) j'avais tendance à couvrir un maximum mes cicatrices pour pas qu'on les voie. Maintenant, c'est plutôt l'inverse » lance Yasmina. « Il faut les sublimer » ajoute Julie.

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Brut.