Refusée à Orsay à cause d'un décolleté

Pendant ce temps-là, à Paris, Jeanne s'est vue refuser l'entrée du musée d'Orsay. La raison : son décolleté.

Ses seins l’empêchent de rentrer comme elle l’entend au musée d’Orsay

Jeanne s’est présentée au musée le 8 septembre. Elle portait une robe d’été avec un décolleté. Les agents ont estimé que cette tenue ne lui autorisait pas l’accès, ce qui est faux.

Elle ne décolère pas : ses seins, trop imposants, lui ont valu une humiliation en public à l’entrée du musée d’Orsay. Jeanne, étudiante en littérature comparée, a dû se couvrir d'une veste pour qu'on la laisse entrer. Selon les agents, sa robe décolletée n’était pas une tenue correcte.

« Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'on me rabaisse comme ça »

Jeanne a tweeté ce qui lui était arrivé, photo de sa robe à l’appui. Son thread a été partagé plus de 20.000 fois. « C'est pas du tout de l'exhibition ce que j'ai fait, c'est juste un décolleté. Le problème, c'est que j'ai été sexualisée et qu'on a projeté sur moi une vision que je n'ai pas du tout revendiquée. Moi, je suis venue au musée pour voir une exposition. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'on me rabaisse comme ça. À ce qu'on me réduise à un corps et à une grosse paire de seins. »

Quand elle se présente à l’entrée d’Orsay, une agente lui dit : « Ah non, non, ça va pas passer, ça va pas être possible. C'est pas possible, non, non, ça passera jamais. » Jeanne ne comprend pas ce qui lui arrive. Vient alors un autre agent, qui lui annonce que ce n’est pas possible de me laisser entrer à cause de sa tenue. « Comme j’ai une veste dans la main, il faut que je mette ma veste, il faut que je me couvre. À aucun moment on ne me dit que c'est mon décolleté, le problème. C'est à moi de dire : ‘’Ah, mon problème, c'est que j'ai un décolleté.’’ Surtout que j'ai des seins, et que ça se voit. »

« Le problème, c'est les seins »

Humiliée, Jeanne reste calme. « J'ai posé des questions précises, en disant que ce n’était pas normal, ce que j'étais en train de vivre. Malgré ça, on m'a quand même manqué de respect, on a continué de me réduire à mon corps. » D’autant qu’au sein du musée, elle remarque des femmes en brassières, le dos nu, ou avec des décolletés aussi plongeants que le sien. « Mais elles étaient toutes globalement assez plates ou très minces, pas avec les mêmes seins que moi. Je me disais que si moi, je m'étais présentée avec les tenues que j'ai pu voir dans le musée, ça ne serait pas passé non plus. Le problème, c'est les seins. »

Si l’étudiante a décidé d’interpeller le musée, c’est parce que ce genre d’incidents est encore trop fréquent aujourd’hui. « Ce n’est peut-être pas la pire chose qui me soit arrivée, mais c'était aux yeux de tous, avec plusieurs personnes susceptibles de se faire un avis sur mon corps, sur mon apparence. J'ai eu besoin de dire que ce n'était pas normal, qu'aucune femme ne devrait se voir refuser l'entrée d'un musée national sous prétexte qu'elle porte un décolleté trop apparent. »

Contacté par Brut, le musée explique avoir présenté ses excuses à la jeune femme et qu'il n'existe aucune politique de restriction, contrairement à ce qu'ont affirmé les agents à Jeanne. Le musée s'est dit « navré » et « interloqué » de cette situation, qu'il qualifie de « profondément regrettable », et parle d'un excès de zèle malencontreux de la part des agents, qui dépendent d'une société prestataire.

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Brut.