Voilà pourquoi les anti-héroïnes des séries sont essentielles

Loïs de Malcolm, Cristina Yang de Grey’s Anatomy… Anaïs Bordages et Marie Telling expliquent l’importance de ces femmes dans les séries.

"Plus on verra à l'écran des femmes qui ont des défauts, moins on sera intransigeant envers ces mêmes défauts dans la vraie vie"

Être belle sans être superficielle, être intelligente sans écraser les hommes intellectuellement, être courageuse sans être viril… Voilà quelques-uns des diktats longtemps appliqués aux femmes dans la vie comme aux personnages féminins dans les films et séries. Jusqu’à ce que cela change ces dernières années. Anaïs Bordages et Marie Telling, qui signent le livre Petit éloge des anti-héroïnes de séries, expliquent pourquoi il est essentiel que les personnages féminins quittent les idéaux pour la réalité. “Plus on aura des personnages féminins complexes, parfois difficiles à aimer, plein de défauts à l'écran, plus on pourra avoir une image, dans la réalité aussi, des femmes, qui est complexe et bienveillante sur ces défauts” explique Marie Telling. Elles parodient les rôles de femmes écrits par des hommes

Anaïs Bordages ajoute : “Plus on verra à l'écran des femmes qui ont des poils, qui sont mauvaises mères, qui adorent le sexe et ne s'en cachent pas, qui sont parfois un petit peu mesquines… Enfin bref, qui ont énormément de défauts et d'imperfections, moins on sera intransigeant envers ses défauts et ses imperfections dans la vraie vie”. La superficielle mais complexe Rachel Green, dans Friends, la jeune médecin passionnée de magazines féminins Mindy Lahiri de The Mindy Project, l’ambitieuse Cristina Yang de Grey's Anatomy qui ne veut pas d’enfant ou encore la sombre et violente Carol Peletier dans The Walking Dead sont autant de personnages féminins loin des clichés et indispensables selon les deux autrices. Son elles, les rôles de femmes antihéros sont essentiels. “Quand on voit des personnages qui rejettent complètement ces idéaux de perfection (…), on se retrouve beaucoup plus dans ces personnages-là, parce qu'on se sent décomplexées” explique Anaïs Bordages. Alice Zeniter voudrait voir davantage de personnages féminins dans les récits

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Brut.