Des astronautes expliquent "the overview effect"

Voir la Terre depuis l'espace pour la première fois, ça a un nom, "the overview effect". Des astronautes de la NASA ont vécu cette expérience hors du commun. Ils racontent.

C’est quoi, l’overview effect ?

Cette sensation se produit quand les astronautes voient la Terre depuis l’espace pour la première fois. Beaucoup d’entre eux se rendent ainsi compte de la gravité du changement climatique.

« Pour moi, c’est ce qui nous arrive sur le plan émotionnel, ce qui change notre perception du monde après avoir été dans l’espace », explique Mike Massimino, astronaute à la retraite. Ce qu’il décrit ici, c’est « l’overview effect », ou « effet de vue d’ensemble » en français. Cette sensation particulière, que certains décrivent comme un changement de conscience, se produit quand les astronautes voient la Terre depuis l’espace pour la première fois.

« L’ampoule la plus brillante que tu aies jamais vue »

« Je me rappelle avoir ressenti cette connexion comme j’en n’avais jamais vraiment eu en étant sur Terre », se souvient pour sa part Nicole Stott, astronaute à la retraite. Elle poursuit : « *J’essayais de la décrire à mon fils, qui avait 7 ans quand je suis partie la première fois. La meilleure façon de lui décrire la vue, c’était de lui dire : « Imagine que tu es en train de regarder l’ampoule la plus brillante que tu aies jamais vue. Et tu l’éclabousses avec toutes les couleurs que tu connais, et tu l’allumes, et tu n’arrives presque pas à la regarder tellement c’est éblouissant, lumineux, brillant et vif. » »

Mike Massimino a effectué son premier vol spatial en 2002. Nicole Stott en 2009, pour une mission longue-durée. « J’ai passé un peu plus de trois mois dans la Station Spatiale Internationale. Depuis l’espace, la nuit, on regarde la planète, et c’est comme si elle était en vie. Voir ces orages à travers la planète et se rendre compte qu’un orage qui a démarré en Floride est en train de traverser la planète entière jusqu’en Afrique… On dirait des neurones qui éclatent dans un cerveau » s’émerveille encore Nicole Stott.

« Si on fait un bon boulot en nous occupant de notre planète, elle peut se guérir »

Chez l’astronaute et son collègue Mike Massimino, la préoccupation quant au changement climatique été largement influencée par l’overview effect. « Les lacs qui s’assèchent, les forêts tropicales qui commencent à disparaître, les signes de pollution, tout ça est visible depuis l’espace. Ce qu’on a également appris, c’est que si on fait un bon boulot en nous occupant de notre planète, elle peut se guérir. On le remarque depuis l’espace. Mais on doit donner une chance à notre planète de récupérer », prévient Mike Massimino.

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Brut.
8 mars 2020 09:34