8 shows drag à aller voir en France

Crédit : Jolan Baucier / Babouchka Babouche
Lana Cotta est couronnée et Drag Race France, c’est fini. Mais l'art du drag ne vit pas que huit semaines par an. On a donc décidé de parler avec Jackie Fuego, drag king et Babouchka Babouche, drag queen, qui nous racontent pourquoi il faut aller le voir sur scène, et où.
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Petit point explication : le drag, c’est un art qui joue avec les codes du genre. Il les amène jusqu’à l’exagération tout en voulant transmettre un message. Comme l’explique Margot Reynaud, docteure en études théâtrales à l’université de Bordeaux au micro de Radio France, on ne peut bien entendu pas parler de drag sans évoquer ses origines : la scène ballroom américaine, espace de compétition né dans les communautés LGBTQIA+ racisées, qui mêle danse, performance et drag. Le drag trouve aussi ses racines dans le cabaret, un espace qui offre déjà une place aux artistes marginalisés. 

Selon Jackie Fuego, drag king, les artistes drag sont “les portes-paroles visibles de la communauté LGBTQIA+”. L’artiste ajoute : “On se maquille et on met des costumes voyants à paillettes avec des couleurs criardes pour être visibles de loin, pour pouvoir parler au nom des autres.”

Ce que le drag live change

“Je pense qu’aller voir des shows, c'est soutenir des artistes queers et, par extension, celles et ceux qui sont représenté·es par ces artistes”, souligne Jackie Fuego. Aller voir un show, c'est aussi “avoir un contact direct avec les artistes”, et l’occasion de découvrir toutes les façons de faire du drag : drag queen (interprétation de la féminité), drag king (interprétation de la masculinité), drag queer (esthétique non binaire), drag créature (interprétaiton non humaine, fantastique, monstueuse ou hybride)…

Sur scène, le rapport au public n'est pas le même qu'à la télé, explique Babouchka Babouche, drag queen d'origine bretonne installée à Paris : “Dans le drag, on va avoir tendance à casser la séparation entre les performers, performeuses et le public. Ça a tendance à être plus interactif, à rebondir plus sur l'actualité, à avoir un commentaire sur la société.”

Si l’on se fie à ce que les artistes interrogés nous expliquent, le mieux est d’aller se rendre compte par soi-même, alors voici huit spectacles à apprécier en ce moment, partout en France.

Des spectacles en France

  • 3615 Dragking, au Barlone (13 Rue Bergère, 75009 Paris). Une soirée coprésentée par Jackie Fuego et Anacab, (tous les premiers samedis du mois) “C’est une soirée qui a pour ambition de faire se rencontrer le public avec des drag kings confirmés”, précise Jackie Fuego. 

  • La SubalterNative,au Barlone (13 Rue Bergère, 75009 Paris). Un show qui met en avant des artistes racisés, drag kings et drag queers. “Il y a un podcast au début qui parle des expériences des un·es et des autres. Ce sont des soirées avec des artistes qui sont drag kings, drag queers, c’est vraiment très riche”, décrit Jackie Fuego.  “Un peu du jamais-vu ailleurs, en tout cas à Paris”, ajoute l’artiste qui “ressort changé de chaque édition”. 

  • Le bingo drag de Minima Gesté, à la Felicita (5 Parvis Alan Turing, 75013 Paris). Tous les dimanches, le lieu se transforme en bingo géant, animé par la drag queen Minima Gesté et une guest surprise.

  • Le collectif Screen Queens, au Point Éphémère (200 Quai de Valmy, 75010 Paris) et au Rosa Bonheur (2 Avenue de la Cascade, 75019 Paris). D’ailleurs, Babouchka Babouche en fait partie. Le collectif sera notamment le 15 octobre au Rosa Bonheur avec “Shrek is a Drag Queen.  Screen Queens mêle drag, cabaret, burlesque, contre-culture et cinéma dans ses représentations. “C’est un peu mythique à Paris, c’est toujours blindé. À voir absolument”, conseille Jackie Fuego. 

  • Lyon : “Blague Race”, au Lavoir Public (4 Impasse Flesselles, 69001 Lyon). Stand-up et drag se rencontrent : les artistes échangent leurs casquettes pour un spectacle “banger à chaque fois”, selon Jackie Fuego. “Tout le monde est vulnérable et il y a un petit travail en amont quand même. C’est très beau et c’est l’une de mes soirées lyonnaises préférées”, révèle Jackie Fuego.

  • Lyon : “L”Infernal.e”, une soirée qui se décrit comme étant “horrifique et gore sans trigger warning”. “Il faut avoir le coeur un peu accroché”, prévient Jackie Fuego, avant d’ajouter : “il y a un drag show toutes les heures et le reste, ce sont des DJ sets de qualité”. 

  • Brest : le collectif Glory All, recommandé par Babouchka Babouche, qui regrette qu'il n'y ait “pas encore de queen bretonne dans Drag Race France”.

  • Marseille : le collectif Les Mutantes, six artistes drag. “Il y a une scène drag émergente bien implantée qu'il faut soutenir. On y a notre reine de France marseillaise, Lana Cotta, donc ça fera peut-être encore bouger les choses”, espère Babouchka Babouche.

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