Dans son enquête parue ce lundi 28 septembre, Mediapart révèle que le président actuel du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, aurait tenu des propos antisémites. Des paroles comme “Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif” ou encore “les banques sont toutes détenus [sic] par des Juifs”. On apprend également que le président du RN louerait “une admiration” pour Alain Soral (auteur de thèses racistes et essayiste d’extrême droite condamné pour “incitation à la haine raciale” ndlr).
Le principal concerné s’est empressé de dénoncer des “fausses accusations”, en ligne comme dans l’article du média. Dans les colonnes de Mediapart, il est possible de lire qu’il “conteste formellement” des “affirmations selon lesquelles [il aurait] tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type”.
Réactions politiques de toute part
Les réactions politiques de tout bord ne se sont pas fait attendre. Gauche comme droite y vont de leurs commentaires. Une conférence de presse a même eu lieu dans la matinée de ce 29 septembre 2026 par le Rassemblement national, au cours de laquelle Jordan Bardella a dénoncé une “barbouzerie” et la volonté de “nuire à [sa] carrière politique”.
À droite et à l’extrême droite
Mise au courant hier de ces révélations, Marine Le Pen a été approchée par la presse pour commenter cette affaire. Lors d’une déambulation, la candidate à l’élection présidentielle Rassemblement National a déclaré que cette histoire est “une dinguerie. Ça parait tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, une manipulation, une barbouzerie”. Lors de la conférence de presse, elle a rappelé sa “confiance” en Jordan Bardella.
Ne nous laissons jamais détourner de notre mission, celle que nous devons aux Français : les défendre !
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) September 29, 2026
Nous portons en @J_Bardella en confiance absolue, et rien n'entravera notre volonté et notre détermination. pic.twitter.com/En4cU5DhFf
Du côté de la droite plus modérée, on dénonce des clichés sur la communauté juive, et des propos inadmissibles de la part d’un potentiel Premier ministrable. “S’ils sont confirmés, ces propos ne sauraient être imputés à une maladresse ou à un simple faux pas de jeunesse”, a énoncé Dominique de Villepin (président du parti La France humaniste et ancien Premier ministre).
Son ancien collègue au gouvernement Jean-François Copé, maire Les Républicains de Meaux, évoque de son côté des propos qui “reprennent tous les clichés de l’antisémitisme tels qu’ils ont été inventés par la pensée d’extrême droite depuis 120 ans.” Il a également déclaré via le média RTL : “Il y a un moment où il va falloir que les masques tombent”.
Le camp macroniste n’est pas en reste
Les alliés du gouvernement ainsi que des membres du gouvernement actuel d’Emmanuel Macron y sont également allés de leurs commentaires. C’est le cas par exemple du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. “À tous ceux qui auraient la mémoire courte : un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti”, peut-on lire dans sa déclaration sur le réseau social X.
Pour Prisca Thevenot, députée Renaissance, il y avait “les brebis galeuses” (en référence à des propos de Jordan Bardella sur des cadres du parti qui ont tenu des propos racistes, ndlr), “on a désormais leur berger”. Autre membre du gouvernement macroniste actuel, Aurore Bergé, ministre à l'Egalité entre les femmes et les hommes, évoque des écrits “d’une immense gravité”.
À gauche, on rappelle le passé du RN
Enfin, du côté des Écologistes et de la gauche de l’échiquier politique, on rappelle le passé du Rassemblement national. Marine Tondelier, candidate Les Écologistes à l’élection présidentielle, appelle à la démission de Jordan Bardella. Elle ajoute que : “l’homme qui se présente aujourd’hui comme le plus grand défenseur des juifs et juives de France est, en réalité, un antisémite obsessionnel.”
Le communiste et lui aussi candidat à l’élection présidentielle Fabien Roussel dénonce le passé du parti : “Depuis le FN, fondé par les Waffen-SS, jusqu'au RN aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes”.
Les enfants spirituels de Le Pen ne changeront jamais.
— Fabien Roussel (@Fabien_Roussel) September 28, 2026
Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu’au RN d’aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes.https://t.co/qFyuBw0Svn
L’un des favoris de l’élection présidentielle de 2027, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, évoque “une terrible accusation” contre Jordan Bardella, et rappelle que ce dernier se doit d’être “capable de démontrer son opposition aux propos antisémites et conspirationnistes”.
Dernière analyse perçue sur X depuis les révélations, celle de Raphaël Glucksmann. Le candidat Place publique à l’élection présidentielle énonce que le parti fondé par Jean-Marie Le Pen ne changera pas : “L’extrême droite restera toujours d’extrême droite (...). On peut polir la forme mais le fond demeure. Et quand le vernis se fissure, les slogans ‘la banque juive’ et ‘les juifs contrôlent le monde’ refont surface”.
Jordan Bardella a rappelé lors de sa conférence de presse du 29 septembre 2026 son intention de porter l’affaire en justice. Hier, son avocate a porté plainte en diffamation contre le journal en ligne Mediapart.








