Affaire de la tuerie de Chevaline : une arme retrouvée dans le lac d’Annecy vient relancer l’enquête

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Une arme semblable à celle utilisée dans le quadruple meurtre de septembre 2012 a été retrouvée dans le lac de Haute-Savoie en août par des baigneurs. Il s’agit d’un modèle suisse, celui qui aurait causé la mort par balles de quatre personnes en 2012.
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1. Que s'est-il passé ?

Le 5 septembre 2012, une macabre découverte est faite sur une route à proximité de la commune de Chevaline (Haute-Savoie). Trois personnes d’une même famille sont retrouvées avec plusieurs balles dans la tête dans une voiture BMW immatriculée en Angleterre. Il s’agit d’une famille anglaise d’origine irakienne, les al-Hilli. Saad (50 ans), son épouse Iqbal (47 ans) et la mère de celle-ci, Suhaila al-Allaf, sont tués par balles. La fille du couple, âgée de 7 ans au moment des faits, est retrouvée blessée. Sa petite sœur de 4 ans est découverte prostrée entre les genoux de sa mère morte.

 Un français figure aussi parmi les victimes. Il s’agit d’un cycliste âgé de 45 ans, Sylvain Mollier, habitant dans un petit village des environs. Il a, lui aussi, été abattu par des tirs dans la tête.

Au lancement de l’enquête, des fragments d’une arme sont retrouvés à proximité du véhicule. L’affaire piétine depuis 14 ans, après plusieurs rebondissements. Aucune piste sérieuse n’est pour l’heure établie par les autorités. L’affaire est confiée au pôle Cold case de Nanterre (Hauts-de-Seine).

2. Qui sont les suspects ?

Le premier suspect est le frère du père de famille retrouvé dans la voiture. Son aîné a en effet été placé en garde à vue et sous contrôle judiciaire en 2013. Le mobile ? Une affaire d’héritage entre les deux frères, le père leur ayant légué près de 900 000 euros sur un compte en Suisse. “Il voulait plus que la moitié” assure auprès de l’émission Affaires sensibles sur France 2 ce frère prénommé Zaïd. “Quand mon père est mort, le compte a été gelé. Je n’avais aucun pouvoir là dessus”, ajoute Zaïd al-Hilli au micro de la chaîne publique. Il est aujourd’hui libre et cette piste a été écartée par les autorités. “Même s’il y avait un conflit, il n’y a pas de preuves matérielles. J’étais en Angleterre au moment des faits”, précise le frère de Saad.

Un deuxième suspect est interpellé en 2022. Franceinfo rappelle qu’un motard de 57 ans a été identifié comme ayant été dans les environs au moment des faits. Placé en garde à vue durant 48 heures, il sera finalement relâché faute de preuves. “Les vérifications opérées ont permis d'écarter son éventuelle participation aux faits.” précise la procureure de Chambéry d’alors. Un portrait-robot avait été établi et circulait alors dans la presse. Ce suspect avait déjà été interrogé en 2015, mais mis hors de cause faute de mobile.

3. Où en est l'enquête ?

Au moment des faits, une vingtaine de douilles d’une arme à feu ont été retrouvées près de la voiture. Des fragments d’une arme ont aussi été découverts à ce moment-là. 

Les enquêteurs ont conclu en 2024, suite à de nouvelles expertises, à l'utilisation d'une arme des années 1930 de type Luger (pistolet suisse). L’arme retrouvée par des touristes le 20 août 2026 est justement un Luger. Des expertises doivent être ordonnées pour déterminer s’il y a un lien de cette arme retrouvée il y a quelques jours et l’enquête de la tuerie de Chevaline. 

En 2025, des hypothèses figurent aussi que le suspect pourrait être un militaire qui connaît le maniement de ces armes. 

Cette affaire est l’une des nombreuses histoires de cold case en France. Le pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) de Nanterre a vu le jour en 2022 pour les résoudre. Cette structure travaillerait actuellement sur 136 affaires non élucidées.

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