Le motard grièvement blessé
Une enquête a été ouverte pour blessures involontaires par conducteur après une "collision" entre une voiture de fonction, à bord de laquelle se trouvait l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et une moto à Paris, a indiqué vendredi le parquet, confirmant une information de Mediapart.
"Une moto et une voiture administrative appartenant au ministère des Affaires étrangères avec chauffeur de ce même ministère conduisant Jean-Pierre Raffarin" sont entrées en "collision" dans le 17e arrondissement de Paris le 11 juin, souligne le ministère public. Le motard est blessé gravement au niveau des testicules, précise à l'AFP une source proche du dossier.
"Le motard a indiqué être passé au vert et avoir été percuté par une voiture avec gyrophare arrivant par sa droite, qu'il avait vue trop tard", poursuit le parquet, ajoutant qu'un témoin a indiqué que le véhicule était passé au rouge.
" Ils ne m’ont pas aidé"
L'homme de 30 ans raconte ne pas avoir vu Jean-Pierre Raffarin après l'accident. Ni le chauffeur, "ni M. Raffarin ne se sont souciés de moi. Ils ne m'ont pas aidé, ne m'ont pas parlé et n'ont pas pris de mes nouvelles", regrette-t-il.D'après un témoin, cité par Mediapart, "Jean-Pierre Raffarin est parti discrètement à pied vers le parc Monceau sans s'enquérir du blessé au sol".
Fin juin, après la révélation par Mediapart de cet accident, l'ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac a précisé regretter "profondément cet accident".
"Je me suis rendu immédiatement à l'hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées", poursuit-il sur le réseau social X.
Selon la victime, qui souhaite rester anonyme, Jean-Pierre Raffarin s’est bien rendu à l’hôpital, sans pouvoir le voir, et a laissé un mot. "Dans cette lettre, il incrimine complètement son chauffeur", explique-t-il au média d’investigation.
Me Matteo Bonaglia, avocat de la victime, n'a pas souhaité faire de commentaire à ce stade de l'enquête mais confirme "avoir déposé une plainte quelques jours après l'accident, surtout pour solliciter la réalisation d'un certain nombre d'actes d'enquête" dont il redoutait "qu'ils ne soient pas réalisés à temps" et pour éviter "que les preuves dépérissent".






