Le ministre de la Fonction publique David Amiel a présenté trois projets de textes lors de cette réunion. Un projet de loi, notamment, doit conformer le droit de la fonction publique à des décisions du Conseil constitutionnel et pérenniser une expérimentation permettant la titularisation d'apprentis en situation de handicap.
Il veut aussi relancer les préparatifs d'un projet de loi pour renforcer la protection fonctionnelle des agents publics.
Enfin, il souhaite réaliser un état des lieux sur l'évolution des carrières et les rémunérations des agents publics et organiser un cycle de discussions.
La proposition du ministère consisterait à réaliser une "revue en profondeur de la manière dont on structure la rémunération dans la fonction publique" (indice, indemnité, grilles). Elle apporterait au débat public des propositions en vue de l'élection présidentielle de 2027.
L'augmentation des rémunérations est l'une des principales revendications des organisations syndicales et des collectifs d'agents publics. Ceux-ci dénoncent leur insuffisance, après des gels successifs de la valeur du point d'indice, qui sert à calculer la rémunération des 5,8 millions agents publics.
France Stratégie, organisme placé auprès du Premier ministre, estimait dans un rapport l'an dernier que certaines mesures en faveur du pouvoir d'achat (Ségur de la Santé, Grenelle de l'éducation) "n'ont pas permis de contrer complètement l'érosion de l'attractivité salariale de la fonction publique".
"Le gouvernement n'a rien compris"
Les syndicalistes joints par l'AFP se sont dits en partie satisfaits, au mieux.
Sur les rémunérations, "c'est une grosse déception, et une fois de plus le gouvernement n'a rien compris", déplore Christian Grolier, secrétaire général de Force ouvrière fonction publique.
"Si on veut inscrire quelque chose dans le projet de loi de finances 2027, on doit négocier maintenant", estime le responsable de la première organisation dans la fonction publique de l'État. Il plaide pour l'ouverture de négociations et pointe un frein à l'attractivité de la fonction publique.
"Il y a un éléphant au milieu de la pièce (les rémunérations, ndlr) et on regarde ailleurs", regrette la secrétaire générale de la FSU fonction publique, Caroline Chevé.
Si l'ouverture de discussions sur les rémunérations est "bienvenue", elle pointe l'absence d'un "signal concret" pour 2026 et "l'absence de mesures générales depuis deux ans", notamment sur la valeur du point d'indice.
L'ouverture de ce chantier reste "une avancée qui est bonne à prendre, et si on peut aller jusqu'à une négociation, tant mieux", nuance le secrétaire général de l'Unsa fonction publique, Luc Farré. Il salue la préparation d'un texte sur la protection fonctionnelle, auquel il demande "d'associer" les organisations.
Un tel chantier prendra du temps, note Johan Theuret, du collectif Sens du service public. Rappelant que de nombreux prédécesseurs de David Amiel ont voulu s'atteler à la question des rémunérations, il plaide pour un "engagement pluriannuel sur l'évolution de la valeur du point".








