De "multiples alertes" avaient été lancées à partir de 2021 par des élèves, des familles et des professionnels de l'éducation concernant les "agissements graves" d'un professeur de français et des arts du cirque du lycée public Pierre-Bayen, soulignent les associations de parents d'élèves FCPE de la Marne et l'Union châlonnaise FCPE dans un communiqué transmis à l'AFP.
Mais "aucune mesure concrète n'a été prise pour protéger les élèves ou enquêter sur ces allégations" et il a fallu attendre le dépôt de plaintes pour faits criminels en 2023 pour que cet enseignant soit mis à pied, révélant une "inertie inadmissible", regrettent ces associations.
Elles ont déposé leur recours devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 19 décembre, en même temps que des recours similaires de victimes et de parents de victimes, a précisé lundi à l'AFP Sébastien Soulas, président de la FCPE de la Marne.
Neuf plaintes
Neuf plaintes au pénal avaient été déposées contre l'enseignant en question pour des faits allant de 1998 à 2023, avait précisé l'an dernier le parquet de Châlons-en-Champagne à l'AFP: une pour viol, trois pour atteintes sexuelles et cinq pour harcèlement moral.
Une enquête préliminaire avait été ouverte en avril 2023. Cependant, le suicide de l'enseignant en décembre de la même année a entraîné l'extinction de l'action publique le concernant.
Le rectorat de l'académie de Reims avait déclaré à l'AFP avoir reçu en avril 2023, soit à la même période que le parquet, les premiers signalements relatifs à cet enseignant.
Lors d'une visite sur place au printemps, les co-rapporteurs de la commission d'enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI), avaient aussi dénoncé "l'omerta" et la lenteur de la réaction de l'Éducation nationale dans l'affaire Bayen.
Le parquet de Châlons-en-Champagne a par ailleurs reçu en avril un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui prévoit que toute autorité ayant connaissance d'un crime ou un délit doit en informer la justice.
Selon ce signalement, "certaines personnes" auraient été au courant des agissements du professeur "mais n'auraient rien fait". Une enquête est depuis en cours pour non dénonciation de crime et d'atteintes sur mineurs.
Marie-Pierre Jacquard, ancienne enseignante du lycée Bayen et lançeuse d'alerte dans cette affaire dès 2021, a intégré en novembre le comité de suivi du rapport parlementaire sur les violences en milieu scolaire.








