Gilles d'Ettore, 57 ans, mis en examen pour prises illégales d'intérêts, détournement de fonds publics et corruption, avait retrouvé la prison de Béziers le 21 janvier pour avoir rencontré deux protagonistes de cette affaire qui lui avait valu trois mois de détention provisoire.
Remis en liberté sous contrôle judiciaire en juin 2024, celui qui a dirigé Agde pendant 23 ans et qui conteste les charges portées contre lui, avait notamment interdiction de rencontrer des dizaines de personnes (témoins, mis en examen, élus ou fonctionnaires territoriaux...) citées de ce dossier.
Or, le 10 janvier, il a été aperçu avec un responsable des infrastructures portuaires locales dans l'arrière-salle d'un tabac. Il s'était aussi invité une semaine plus tard à deux manifestations publiques à Agde, et aurait eu à cette occasion une conversation musclée avec son successeur, Sébastien Frey.
Devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier, l'avocate générale a estimé mardi que Gilles d'Ettore avait de la sorte rompu la "confiance" de la justice et réclamé son maintien en détention.
"Piégé"
Visiblement ému dans le box des accusés, Gilles d'Ettore a imploré la "clémence" de la cour, expliquant que ces rencontres étaient à replacer dans le contexte des décès, début janvier, de son frère et de sa mère. Et que s'il s'était emporté vis-à-vis de son successeur, c'était pour lui reprocher un "manque de loyauté", sans lien avec l'affaire.
La cour d'appel rendra sa décision jeudi.
Le personnage principal du dossier est une mère de famille quadragénaire qui se présentait comme voyante. En garde-à-vue, elle a expliqué avoir réussi, en modifiant sa voix, à abuser de ses proches en leur faisant croire qu'ils étaient "en conversation avec un être surnaturel provenant de l'au-delà".
Elle aurait en particulier utilisé ce stratagème pour inciter Gilles d'Ettore à lui obtenir, auprès d'entrepreneurs, de nombreux avantages, dont des voyages et des travaux dans sa maison, ainsi que l'embauche de membres de sa famille par la mairie.
Au moment de sa réincarcération, Gilles d'Ettore, qui a fini par reconnaître qu'il avait été "piégé", s'apprêtait à annoncer sa candidature aux prochaines municipales.








