En juillet, l'incendie à Lucciana (Haute-Corse) avait détruit des bureaux installés dans une structure modulaire de l'entreprise "Casa di L'Ortu", propriété du pépiniériste de 56 ans et militant nationaliste Marco Furfaro.
Les deux suspects, qui nient leur implication, seront jugés lundi dans le cadre d'une comparution immédiate, pour "association de malfaiteurs et destruction de biens par un moyen dangereux en bande organisée."
Emprisonné en Italie
Christophe Orheinstein, 30 ans, a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Stéphane Fortuny, 51 ans, a été placé en détention provisoire, indique le parquet de Bastia auprès de l'AFP, confirmant une information de Corse-Matin.
Stéphane Fortuny est connu de la justice et était en liberté après avoir été condamné en 2013, par la cour d'assises des Alpes-Maritimes, à 12 ans de réclusion criminelle pour le braquage de deux bijouteries.
Interpellés mardi, les deux suspects ont effectué 96 heures de garde à vue.
Extradé vers l'Italie, Marco Furfaro a de son côté été condamné en octobre en Sardaigne à 4 ans et 6 mois d'emprisonnement pour avoir aidé dans sa cavale Marco Raduano, mafioso italien arrêté à Aleria (Haute-Corse) en février 2024.
Marco Furfaro était accusé d'avoir transporté Marco Raduano en Italie, en Espagne et en Corse, où il l'avait également hébergé.
Sa femme et ses filles menacées de mort
Contacté par l'AFP au moment de l'incendie, Me Marc-Antoine Luca, conseil de la famille Furfaro, avait précisé que la compagne de Marco Furfaro avait déposé plainte, fustigeant un "acte lâche."
"On profite de l'incarcération, très difficile, de monsieur Furfaro en Italie. Si aucune piste n'est privilégiée, il semble néanmoins que (...) cet acte pourrait n'avoir aucun rapport avec l'affaire pour laquelle il est actuellement incarcéré", avait confié l'avocat bastiais.
Déjà en mai, la femme et les filles de Marco Furfaro avaient fait état de menaces de mort à leur encontre.
En Corse, l'ampleur de la criminalité et du grand banditisme avait poussé à une mobilisation de la société civile qui organisait mi-novembre des manifestations antimafia --rassemblant entre 1.700 et 3.000 personnes.
Quelque 20 bandes criminelles sévissent dans l'île, selon une note confidentielle de 2025 du service information, renseignement et analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la police nationale.








