Ecoles catholiques Lasalliennes: un collectif dénonce des violences physiques et sexuelles prescrites

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"Des viols, coups, humiliations...": un collectif d'anciens élèves d'établissements du réseau catholique des Lasalliens s'est constitué pour dénoncer des violences commises il y a des dizaines d'années par des membres de la congrégation, qui assure les prendre "très au sérieux" et explique avoir déja indemnisé 70 personnes.
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La congrégation, "consciente (...) de la responsabilité qui lui incombe", a mis en place depuis 2014 une cellule d'écoute, chargée de recueillir des signalements et "d'accompagner" les victimes, écrit son avocat, Matthias Pujos, dans un communiqué dimanche soir. 

Elle a enregistré à ce jour "72 saisines", dont 70 ont déjà permis le versement d’une indemnité financière, "pour un montant total de 2.434.882 euros", conformément aux recommandations de la Commission reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l'Eglise.

Depuis 2022, la congrégation a également effectué "trois signalements en justice, (...) auprès des procureurs de Besançon, Évry-Courcouronnes et Reims", pour des faits dont les suspects sont encore vivants.  

Les membres du collectif, essentiellement âgés de 50 à 70 ans, dénoncent des faits prescrits, commis entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d'établissements appartenant aux "Frères des écoles chrétiennes" - congrégation fondée par Jean-Baptiste de La Salle qui gère aujourd'hui 150 établissements privés sous contrat en France - ont expliqué à l'AFP Philippe Auzenet, 73 ans, et l'autre co-fondateur qui préfère rester anonyme, confirmant une information de France Inter.

Ils dénoncent des "violences physiques", "brimades, humiliations", et pour "grande partie" d'entre eux, des faits "d'attouchements, d’agressions sexuelles et de viols", commis par des religieux ou des enseignants laïques, la plupart décédés.

Ils "menaçaient de m'arracher les yeux"

Les écoles concernées se situaient notamment à Quimper, Rouen, Mende, Langogne (Lozère), Reuil-Malmaison, Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Grenoble, Igny (Essonne), Nantes ou Paris, a détaillé Philippe Auzenet. Certains n'appartiennent plus depuis à la congrégation.

Le collectif réclame aujourd'hui que la Congrégation reconnaisse sa responsabilité dans des violences qu'il juge "systémiques" et la création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros et lance un appel à témoignages. 

À l'école lasallienne de Rouen, "entre 7 et 9 ans, j'ai été menacé de mort, violenté, ligoté, on me pendait par les pieds, ils avaient des couteaux de boucher et menaçaient de m'arracher les yeux. Cela a bousillé ma vie", a témoigné Philippe Auzenet.

Le cofondateur de 62 ans se dit lui victime "de violences et d'attouchements" par des frères et enseignants laïques, à l'école/collège Saint-Augustin de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), entre 1969 et 1978. 

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