L'extrême droite remporte pour la première fois un siège de député en Haute-Savoie

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L'extrême droite a remporté dimanche pour la première fois un siège de député en Haute-Savoie, dans la 3e circonscription avec l'élection d'Antoine Valentin, un candidat du parti ciottiste UDR, allié au Rassemblement national, selon des résultats officiels provisoires
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À 33 ans, Antoine Valentin a largement battu son adversaire Les Républicains Christophe Fournier, avec 17.341 voix, soit plus de 59% des suffrages exprimés.

Ce second tour a été marqué, comme le premier, par une très faible participation (34,1%), avec presque deux tiers des électeurs qui ne se sont pas déplacés, l'appel au front républicain n'ayant pas fonctionné. 

Avant même l'annonce officielle des résultats, Éric Ciotti avait félicité Antoine Valentin sur X: "Félicitations Antoine, un élu enraciné et un immense talent ! Chaque jour qui passe l'UDR remplace LR partout en France".

Les responsables du Rassemblement national lui ont emboîté le pas, le président du parti Jordan Bardella saluant une "incontestable victoire" quand Marine Le Pen a estimé que "l’alliance RN-UDR bat Les Républicains de Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, totalement discrédités par leur soutien à Emmanuel Macron et aux diktats des socialistes".

"À l'approche des élections municipales de mars 2026, c'est un signal d'espérance: partout en France, le changement est à portée de vote !", a ajouté Jordan Bardella.

Test avant les municipales ?

À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, cette législative partielle avait en effet valeur de test pour les stratégies de la droite: d'un côté, LR, opposé à une alliance avec le Rassemblement national, et de l'autre, l'Union des droites pour la République (UDR) qu'a formée l'ancien président des LR Éric Ciotti en s'alliant avec le RN lors des législatives de 2024.

L'élection dans ce territoire rural et montagneux proche de la Suisse, depuis toujours dévolu à la droite et qui abrite le plateau des Glières, haut lieu de la résistance, faisait suite à la démission de la députée LR Christelle Petex.

Elle avait jeté l'éponge début novembre déplorant "trop de politique politicienne" et disant avoir reçu "trop de critiques" et "de menaces".

De l'avis général, le scrutin intéressait peu les électeurs, d'autant que le nouvel élu a vocation à occuper son poste seulement jusqu'à la présidentielle de 2027, probablement suivie de nouvelles législatives.

Également maire de Saint-Jeoire, Antoine Valentin, qui n'a pas donné suite aux demandes d'interview de l'AFP, se présentait comme le "candidat de la droite". Il est le cofondateur de l'institut Politicae, structure destinée à accompagner les candidats au mandat de maire.

Circonscription symbolique

Selon plusieurs médias, il est financé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin dans le cadre de son projet Périclès, acronyme de "Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes".

Cette victoire a un goût de revanche pour le nouveau député qui s'était déjà présenté aux élections législatives de 2024 où il avait été battu par LR (56%) au second tour.

Lors du premier tour le 25 janvier, il était arrivé largement en tête avec quelque 45% des suffrages exprimés contre 15% seulement à son adversaire Christophe Fournier, ancien suppléant de Christelle Petex et maire de Glières-Val-de-Borne. 

Conscients de l'importance du scrutin, les ténors Républicains Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, réconciliés pour l'occasion, lui avaient symboliquement rendu visite mi-janvier. 

Le candidat Place Publique et PS Anthony Penhouët, arrivé 3e du scrutin au premier tour avec 13% des voix avait appelé pour le second tour à "voter contre l'extrême droite" tout comme les Écologistes et le Parti communiste.

"La 3e circonscription est symbolique, proche du plateau des Glières, haut lieu de la Résistance, où dans nombre de villages des plaques commémoratives rappellent le sacrifice de nos anciens dans la lutte contre l'extrême droite", avait souligné cette semaine dans un communiqué le Parti communiste de Haute-Savoie.

Venu soutenir Anthony Penhouët avant le premier tour, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann avait assuré de son côté: "nous ne laisserons pas monsieur Stérin et ses acolytes faire de cette circonscription un laboratoire de l'extrême droite".

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