C'est la première fois que la loi dite "Scelba", qui interdit la "réorganisation du parti fasciste dissous", est appliquée à un groupe néofasciste, écrit le quotidien La Repubblica.
L'affaire remonte à 2018, lorsque ces militants de CasaPound avaient agressé des personnes qui participaient à une manifestation contre Matteo Salvini, alors ministre de l'Intérieur et chef du parti anti-immigrés la Ligue.
Les douze accusés ont été reconnus coupables mercredi par un tribunal de Bari (sud) d'avoir enfreint la loi Scelba, ce pour quoi ils ont été condamnés à 18 mois de prison.
Sept d'entre eux ont également été condamnés à un an supplémentaire pour violences.
"Maintenant qu'il existe un jugement qui l'établit, le gouvernement n'a d'autre choix que de faire ce que nous lui demandons depuis longtemps: dissoudre CasaPound, dissoudre les organisations néofascistes comme le prévoit la Constitution", a déclaré Elly Schlein, cheffe du Parti démocrate (PD, centre-gauche) d'opposition.
CasaPound tire son nom d'Ezra Pound, le poète moderniste américain qui a collaboré avec l'Italie fasciste pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le groupuscule mène régulièrement des campagnes contre les migrants, en particulier depuis son siège situé dans un bâtiment squatté du centre de Rome.
CasaPound a obtenu moins de 0,14% des voix lors des législatives de 2013 et 0,95% lors de celles de 2018 et, depuis, le groupe ne se présente plus aux élections.
Des membres de CasaPound ont déjà été filmés en train de faire le salut fasciste à Rome, un geste que le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi avait condamné en 2024 comme étant "contraire à notre culture démocratique".
Il avait toutefois déclaré à l'époque qu'il était compliqué d'interdire de tels groupes, affirmant que la loi ne le permettait que dans des circonstances très limitées.
Fratelli d'Italia (FDI), le parti d'extrême droite de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, trouve ses racines dans le MSI, un parti fondé par des partisans de Mussolini après la Seconde Guerre mondiale, mais il a renoncé à tout lien avec le fascisme et reconnu la complicité de l'Italie fasciste dans la Shoah.








