« Si une femme l’a déjà fait, pourquoi pas moi ? »
Quand on parle de rêves, peu parviennent à les réaliser. Sophie Adenot, elle, s’apprête à le faire. À 11h15 (heure de Paris) ce vendredi 13 février 2026, cette Française de 43 ans quittera la Terre pour l’ISS. Elle deviendra la deuxième Française de l’histoire à effectuer un vol spatial, après Claudie Haigneré en 1996, son modèle.
"Les femmes représentent 50 % de la population, il n'y a pas de raison que l'on ne soit pas astronautes”, affirme t-elle, rejetant les "limites" en la matière.
Sophie Adenot commence à rêver entre 8 et 10 ans. À 14 ans, le vol de Claudie Haigneré lui montre que c’est possible. « Si une femme l’a déjà fait, pourquoi pas moi ? », se répète-t-elle.
Un parcours d’exception
Rien ne la prédestinait à l’espace. Fille d’un notaire et d’une pharmacienne, elle étudie d’abord la mécanique de vol à l’ISAE-Supaero, puis le MIT aux États-Unis pour comprendre comment le cerveau s’adapte à la gravité artificielle.
En 2005, elle intègre l'armée de l'air pour devenir pilote d'hélicoptère. En 2018, elle devient la première femme pilote d'essai d'hélicoptères en France. En 2022, Sophie Adenot a été sélectionnée par l’Agence spatiale européenne (ESA), parmi plus de 22 500 candidats. En 2024, tout juste diplômée, elle n’a que deux ans et dix mois pour se préparer à l’ISS.
Son instructeur pour les sorties dans l’espace, Hervé Stevenin, décrit une élève « extrêmement consciencieuse », toujours son iPad à la main, à réviser jusque tard le soir et le week-end. Face aux difficultés, elle ne baisse pas les bras. « À chaque fois qu'elle s'est heurtée à des difficultés, au lieu de le prendre comme une frustration, sa façon de voir les choses était de dire : Chouette, là je n'ai pas fait ce que je voulais, mais je viens d'apprendre quelque chose », confie-t-il au Parisien.
Inspirer les générations
Sophie Adenot veut inspirer autant les garçons que les filles. Marraine du programme Ose, dispositif d’ouverture sociale de l’ISAE-Supaero, elle encourage les collégiens et lycéens à se dépasser chaque jour.
« Devenir astronaute, c’est repousser ses limites », dit-elle. Sur le point de réaliser un rêve qu'elle a depuis ses dix ans, elle s'est dit à la fois "sereine", "concentrée" et "curieuse, car il y aura beaucoup d'incertitudes, comme pour toute mission". Elle participera à près de 200 expériences scientifiques et technologiques, allant des échographies assistées par IA à des simulateurs de modules lunaires, pour préparer les futures missions vers la Lune ou Mars.
Une leçon pour tous
Son message est simple : osez, apprenez, et ne laissez personne vous dire que ce n’est pas pour vous. Comme elle le résume :
« Si une femme l’a déjà fait, pourquoi pas moi ? »


_astronaut_Sophie_Adenot_wearing_a_spacesuit.jpeg)





