Gaza : Israël rouvre de façon très limitée le passage de Rafah

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La réouverture de Rafah, seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, fermé depuis le printemps 2024, était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales afin de permettre l'accès de l'aide au territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre. Mais les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes.
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Israël a rouvert très partiellement dimanche le point de passage de Rafah entre l'Egypte et la bande de Gaza, vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire, mais cette ouverture sera pour l'heure limitée aux habitants du territoire, dans des conditions drastiques.

La réouverture de Rafah, seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, fermé depuis le printemps 2024, était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales afin de permettre l'accès de l'aide au territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre. Mais les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes.

Israël a annoncé dimanche matin "conformément à l'accord de cessez-le-feu" la réouverture du poste-frontière, limitée "au passage des habitants" de la bande de Gaza.

"Dans ce cadre, une phase pilote initiale a commencé aujourd'hui en coordination avec la mission de l'Union européenne (EUBAM) et les autorités compétentes", a souligné le Cogat, organisme du ministère israélien de la Défense supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés.

Selon un responsable du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, "environ 200 malades" attendaient dimanche la réouverture pour aller se faire soigner en Egypte.

Une quarantaine de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne attendaient aussi depuis l'Egypte le feu vert israélien, a déclaré à l'AFP un responsable palestinien.

Cette réouverture très limitée survient dans le contexte d'un cessez-le-feu très précaire entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Samedi, des frappes israéliennes ont fait 32 morts, selon la Défense civile de Gaza, lors de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve le 10 octobre 2025. Israël a déclaré avoir riposté à des violations du cessez-le-feu.

Le poste-frontière est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024, à l'exception d'une réouverture limitée début 2025, dans le cadre d'une précédente trêve.

Sa réouverture totale est prévue dans le cadre du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël.

Israël avait cependant prévenu que Rafah ne serait rouvert qu'une fois rendue la dépouille de Ran Gvili, le dernier otage retenu à Gaza depuis le début du conflit. Son corps a finalement été restitué le 26 janvier.

Attente anxieuse

Le Cogat avait prévenu vendredi qu'il faudrait "une autorisation sécuritaire préalable" des autorités israéliennes pour sortir et entrer dans la bande de Gaza, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission européenne.

"Aucun accord n'a pour l'instant été conclu sur le nombre de Palestiniens autorisés à entrer et à sortir", avaient déclaré des sources au sein du point de passage, précisant que l'Egypte prévoyait de permettre l'entrée à "tous les Palestiniens qu'Israël autorisera à sortir".

Dans la bande de Gaza en ruines, nombre de Palestiniens espèrent pouvoir enfin sortir.

"Chaque jour qui passe aggrave mon état et ma vie s'enfuit", se désole Mohammed Shamiya, un homme de 33 ans, qui souffre d'une maladie rénale nécessitant un traitement par dialyse et attend désespérément de pouvoir aller se faire soigner à l'étranger.

Safa al-Hawajri, une jeune femme de 18 ans ayant reçu une bourse pour étudier à l'étranger, patiente elle aussi. Tout son "espoir de réaliser ses ambitions est lié à la réouverture" de Rafah, résume-t-elle.

Le poste-frontière est situé dans un secteur encore occupé par l'armée israélienne après son retrait en deçà de la Ligne jaune, qui marque le retrait israélien d'environ la moitié du territoire aux termes de la première phase du plan Trump.

Sa réouverture devrait aussi permettre l'entrée à Gaza des 15 membres du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous la supervision du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

Alors qu'Israël et le Hamas s'accusent mutuellement et quotidiennement de violer le cessez-le-feu, les Etats-Unis ont annoncé à la mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan de paix, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.  

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