La ministre de la Culture, Rachida Dati, a été entendue ce jeudi par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, créée à la demande de l'UDR d'Éric Ciotti, parti allié du Rassemblement national qui prône la privatisation de l'audiovisuel public.
"L'audiovisuel public français doit être préservé", a-t-elle déclaré. "On ne doit pas l'affaiblir. On doit travailler ensemble", a ajouté la ministre.
"Si demain nous n'avons plus d'audiovisuel public, une partie de nos concitoyens [...] n'auront plus accès à quoi que ce soit", déclare @datirachida, qui le juge "indispensable à la cohésion de notre société". "C'est pour ça qu'il faut le réformer, le préserver."#DirectAN pic.twitter.com/zo4a6tHMxN
— LCP (@LCP) February 5, 2026
Sur la situation financière
Interrogée sur la "situation financière critique" de France Télévisions soulevée par la Cour des comptes, Rachida Dati a rappelé que "l'audiovisuel public assure des missions de service public qui ne sont pas rentables".
"L'État prendra ses responsabilités", a-t-elle assuré au sujet du besoin en capitaux de l'entreprise publique. Cependant, "il y a un impératif de réforme structurelle et d'organisation à mener", a-t-elle dit, en espérant que le projet de holding commune pour le secteur voie le jour. Candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati doit bientôt quitter le gouvernement.
Sur l'impartialité
Sur l'impartialité, autre sujet litigieux, la ministre a renvoyé vers l'Arcom, régulateur de l'audiovisuel.
Elle a toutefois réprimandé la patronne de France Télé, Delphine Ernotte Cunci, qui avait en septembre qualifié CNews de "chaîne d'extrême droite" dans un contexte explosif entre les médias de la sphère Bolloré et l'audiovisuel public. Rachida Dati assure lui avoir dit "que ce n'était peut-être pas habile d'avoir indiqué qu'un autre média (...) était d'extrême droite".
Sur l'affaire Legrand-Cohen
La commission a été créée dans la foulée de l'affaire Legrand-Cohen, deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d'une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables.
Thomas Legrand y déclarait "Nous, on fait ce qu'il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi", ce qui a pu être interprété comme un parti pris à l'encontre de l'intéressée.
"Quand on dit, 'on va s'occuper de quelqu'un', je sais à quoi ça renvoie" et "ce n'est pas un vocabulaire approprié", a tancé Rachida Dati jeudi, en jugeant toutefois "inacceptable" qu'on réalise des "enregistrements à l'insu des gens".
Sur Complément d'enquête
Par ailleurs, la ministre a réitéré ses accusations envers le magazine de France 2 Complément d'enquête, qui lui avait consacré un numéro en 2025.
"Ils ont proposé, via un tiers (un journaliste indépendant, ndlr), auprès d'un membre de ma famille, de pouvoir le payer" pour des informations la concernant, a-t-elle déclaré.
Interrogé par l'AFP, le présentateur de Complément d'enquête, Tristan Waleckx, a lui affirmé qu'"on n'a évidemment jamais proposé de payer pour la moindre info".
L'audition de près de trois heures de Rachida Dati s'est déroulée globalement dans le calme, tranchant avec le climat souvent tendu des travaux de la commission d'enquête. Son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avait déploré jeudi le "triste spectacle" donné, après un incident qui l'avait opposé mercredi au rapporteur Charles Alloncle (UDR).








