Droit à l’avortement en Europe : le collectif My Voice, My Choice interpelle Emmanuel Macron

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Après la Slovénie et l’Espagne, c’est désormais vers la France que se tournent les soutiens de My Voice, My Choice. À l’approche de la décision de la Commission européenne, un collectif interpelle Emmanuel Macron pour qu’il appuie ce mécanisme de solidarité destiné à garantir aux Européennes un accès effectif à l’avortement, au-delà des frontières nationales.
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Alors que la Commission européenne doit annoncer le 25 février sa position sur une proposition qui pourrait changer l’accès à l’avortement dans l’Union européenne, un collectif d’artistes, d’écrivaines, de chercheuses et de militantes appelle le président de la République français, Emmanuel Macron, à soutenir le dispositif My Voice, My Choice, destiné à garantir l’accès à l’avortement pour toutes les Européennes, quel que soit le pays où elles résident.

Lancé par des réseaux féministes européens, ce projet a recueilli plus de 1,12 million de signatures auprès de citoyennes et citoyens de l’UE, dépassant le seuil nécessaire pour être examiné par la Commission européenne. 

L’initiative vise à instaurer un mécanisme de solidarité volontaire financé par l’UE, permettant aux États membres qui le souhaitent d’aider financièrement des personnes à se rendre dans un autre pays pour y accéder à des soins d’avortement sûrs et légaux. 

Un débat européen qui s’intensifie

Ce jeudi au Parlement européen, une banderole contre le droit à l’avortement  avec l’inscription “It’s a life not a choice”  a été déployée par des députés opposés au projet, notamment liés à l’aile radicale de la droite européenne. Ce symbole puissant apparaît à un moment où le débat politique s’intensifie.

Le Parlement européen avait déjà voté, en décembre 2025, une résolution soutenant l’initiative My Voice, My Choice, avec 358 voix pour, 202 contre et 79 abstentions. Les eurodéputés y appellent la Commission à développer un mécanisme de solidarité facultatif  sans remettre en question la compétence nationale en matière d’avortement. 

Remise en cause des libertés individuelles

Dans plusieurs États membres, l’accès à l’IVG reste fortement restreint.

À Malte, l’avortement n’est autorisé que lorsque la vie de la femme est en danger ou lorsque le fœtus n’est pas viable. En Pologne, il n’est possible qu’en cas de viol ou de menace grave pour la vie ou la santé de la femme. En Hongrie, les femmes doivent écouter les battements de cœur du fœtus avant de pouvoir avorter. En Italie, les groupes anti-avortement peuvent désormais intervenir dans les centres de consultation familiale, tandis que près de 70 % des médecins invoquent la clause de conscience pour refuser de pratiquer une IVG.

Ces situations témoignent d’un accès profondément inégal à l’IVG au sein de l’Union. Pour de nombreuses femmes, faire valoir ce droit implique de traverser une frontière, avec les coûts financiers, les risques médicaux et les conséquences psychologiques que cela suppose.

Les soutiens de My Voice, My Choice dénoncent ces inégalités, qu’ils considèrent contraires aux principes fondamentaux d’égalité et de libre circulation au sein de l’Union.

Pourquoi l’appel à Emmanuel Macron ?

Dans leur tribune publiée simultanément en France et en Europe, artistes et militantes appellent le président Macron à prendre position publiquement en faveur de ce dispositif européen. Ils estiment que la France, qui a inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution, doit être une voix forte au sein du Conseil européen  l’autre institution qui devra ensuite se prononcer si une proposition législative est avancée. 

Ce soutien politique serait, selon eux, crucial pour que la Commission ne se contente pas d’un simple avis de forme, mais s’engage dans une démarche forte et ambitieuse pour garantir l’accès aux soins pour toutes les femmes de l’UE, sans frontière ni discrimination.

Parmi les signataires de cette tribune : Annie Ernaux, écrivaine, Prix Nobel de littérature ; Sarah Durocher, présidente du Planning familial ; Camille Etienne, autrice, activiste ; Emma Fourreau, députée européenne (La France insoumise) ; Judith Godrèche, actrice, réalisatrice, autrice ; Suzane, artiste. Retrouvez la liste complète des signataires sur ce lien.

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