L'UE, qui dispose de l'arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique, a ouvert il y a deux ans une enquête sur TikTok, aux vidéos ultra-courtes très plébiscitées par les jeunes.
Bruxelles pointe du doigt des "fonctionnalités addictives" qui "pourraient nuire au bien‑être physique et mental" des utilisateurs de l'application notamment des mineurs, incités à faire défiler les contenus et à consulter leurs téléphones de façon "compulsive", y compris la nuit.
Ces fonctionnalités spécifiques, accusées d'être particulièrement "addictives", sont dans son viseur:
- Le "scrolling", soit le défilement ininterrompu de contenus sur son application
- Le lancement automatique de vidéos
- L'envoi répété de notifications push
Des règles critiquées par l'administration Trump
"Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs", a estimé la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen.
"Ce n'est pas comme si TikTok ne reconnaissait pas du tout ce risque" addictif, a affirmé un responsable européen. D'après lui, TikTok mentionne bien le potentiel addictif de son application, "évalue ces risques". Mais cela reste insuffisant au vu des lois européennes sur le numérique, a-t-il insisté.
Ces règles européennes sont régulièrement critiquées par l'administration Trump et les patrons des réseaux sociaux.
TikTok peut désormais accéder au dossier de l'UE et se défendre contre ces accusations.
L'application s'expose à terme à une amende pouvant peser jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires mondial annuel.








