Qui est Laura Fernandez, la nouvelle présidente du Costa Rica ?

Arnoldo Robert/Getty Images
La candidate du parti conservateur au pouvoir, Laura Fernandez, a été élue dimanche présidente du Costa Rica en remportant largement l'élection grâce à sa promesse de fermeté contre le narcotrafic, dans ce pays qui fut longtemps considéré comme l'un des plus sûrs du continent.
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Partisane de la manière forte contre le crime sur le modèle du président salvadorien Nayib Bukele, la politologue de droite Laura Fernandez, a été élue dimanche présidente du Costa Rica et a promis de faire de la lutte contre la criminalité sa priorité.

Âgée de 39 ans, Laura Fernandez est l'héritière politique du président sortant, le conservateur Rodrigo Chaves, lui aussi admirateur de Bukele. Elle a dirigé deux ministères au sein du gouvernement de son mentor, au pouvoir depuis 2022.

La politologue a obtenu 48,3% des voix, soit huit points de plus que le seuil nécessaire pour gagner dès le premier tour, selon 94% du dépouillement du Tribunal suprême des élections (TSE).

Priorité à la sécurité

Pour endiguer la violence liée au narcotrafic dans un pays longtemps considéré parmi les plus sûrs de la région, celle qui se décrit comme la "candidate de la continuité", promet d'achever la construction d'une prison de haute sécurité inspirée du Centre de confinement du terrorisme (Cecot) de M. Bukele, d'alourdir certaines peines ou même de suspendre des droits dans les zones en proie au crime, à l'image d'un Salvador placé sous un long régime d'exception.

"Vous pouvez être sûr que (…) la sécurité restera l'une des principales priorités" du gouvernement, a-t-elle promis au président salvadorien dans une vidéo durant la campagne électorale.

Ce dernier l'a immédiatement félicitée par téléphone dimanche soir, dès les premiers résultats.

Dans son discours de victoire, la présidente élue a affirmé que "personne" ne voulait "de l'arbitraire et de l'autoritarisme" au Costa Rica. "En tant que nouvelle présidente de la République, jamais je ne le permettrai", a-t-elle assuré sous les vivats de ses partisans, dans un hôtel de la capitale. Elle s’est déclarée "démocrate convaincue" et "défenseure de la liberté", tout en attaquant durement la presse, comme le fait habituellement son mentor

Ses opposants la taxent d'"opportunisme" pour avoir adopté ce modèle Bukele, très populaire dans de nombreux pays d'Amérique latine pour avoir mis fin à la violence des gangs mais dénoncé par des défenseurs des droits humains pour ses dérives, des détentions arbitraires et des actes de torture.

Laura Fernandez espère par ailleurs disposer d'une majorité parlementaire pour pouvoir opérer des changements au sein du pouvoir judiciaire, que Rodrigo Chaves tient pour responsable de l'augmentation de la criminalité liée au trafic de drogue.

"Une pâle copie"

Née à Puntarenas, port du Pacifique frappé par le narcotrafic, Laura Fernandez a adopté le style sarcastique et frontal du président Chaves.

Cette spécialiste des politiques publiques a affirmé pendant la campagne ne pas vouloir "se battre avec les cochons" pour ne pas finir couverte de boue.

"Son ton est grossier et populiste, une pâle copie du président", a moqué Laura Chinchilla, première femme présidente du Costa Rica qui avait également remporté l'élection dès le premier tour en 2010.

Laura Fernandez sera la deuxième femme à gouverner le Costa Rica.

Ses adversaires affirment qu'elle n'est qu'une marionnette et que c'est son mentor qui gouvernera en coulisses.

Ils redoutent également qu'elle tente de modifier la Constitution pour que le président sortant soit autorisé à se représenter dans quatre ans, ce qui est actuellement interdit par la loi.

Vision conservatrice

Fille d'un agriculteur et d'une enseignante, Laura Fernandez raconte avoir été élevée au milieu des vaches et des oies et avoir aidé à emballer des clous dans une quincaillerie familiale de San José pendant ses vacances scolaires.

Amatrice de pêche, de cuisine et de course à pied, elle se définit comme "libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social". Son programme prévoit d'ailleurs la vente d'actifs de l'Etat.

Catholique ayant étudié dans un collège de religieuses, elle s'est remariée et a une petite fille de trois ans. "Si vous êtes favorable à l'avortement, à l'euthanasie et que vous pensez que la famille n'est pas importante, passez votre chemin", affirme-t-elle.

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