Manifestations en Iran : pourquoi la population est-elle dans la rue ?

Crédit : SIPA
Depuis le 28 décembre, les Iraniens sortent dans la rue pour manifester à travers tout le pays. Au moins 12 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de protestation. Crise économique, sociale, politique et environnementale… contre quoi protestent-ils ?
À voir également sur Brut

Cela fait maintenant plus d’une semaine que les manifestations ont commencé dans plusieurs villes en Iran. Ce nouveau mouvement de revendication est parti de l’inflation, qui a atteint plus de 50% dans le pays. Les prix alimentaires ont explosé, et la monnaie locale, le rial, a drastiquement chuté. Il faut désormais 1,4 million de rials pour obtenir 1 dollar, et 1,7 million de rials pour 1 euro. Mais les revendications des manifestants sont loin de se résumer uniquement à la vie chère à laquelle doivent faire face les Iraniens.

Une volonté de liberté

L'Iran est un pays avec une moyenne d’âge de 32 ans, une génération jeune, qui ne se reconnaît plus dans la politique autoritaire théocratique. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, exerce au nom de Dieu un pouvoir absolu en Iran.

Les Iraniens qui sortent dans la rue se battent aussi pour leur liberté. Réseaux sociaux bloqués, port du voile obligatoire, peine de mort… La population doit faire face à de plus en plus de restrictions. 

Depuis la mort de Mahsa Amini en 2022, tuée par la police des mœurs pour avoir mal mis son voile, beaucoup de femmes demandent la fin du port du voile obligatoire. Le mouvement Femme, Vie, Liberté, lancé à la fin de la même année, avait rapidement entraîné une vague massive de manifestations à travers le pays.

Les manifestations actuelles sont en tout cas, pour le moment de moindre ampleur que celles de 2022.

La crise de l’eau 

La crise environnementale fait aussi partie des revendications du peuple iranien. Depuis 6 ans, l’Iran traverse une grave sécheresse. Les autorités ont même envisagé l’évacuation de Téhéran, la capitale du pays, réunissant plus de 14 millions d’habitants.

Les autorités coupent l’eau la nuit entre 23 heures et 9 heures pour éviter le “gaspillage” et économiser les réserves d’eau.

Au moins 8 manifestants tués

Depuis le 28 décembre, le gouvernement tente de réprimer les manifestations à travers tout le pays. Les forces armées du régime ont tiré à balle réelle dans la foule. Au moins 8 manifestants ont été tués et des membres des forces de sécurité ont aussi perdu la vie, ce qui porte le nombre de morts à 12, selon un bilan basé sur des annonces officielles.  Au 1er janvier, plus de 119 citoyens ont été arrêtés et 33 autres ont été blessés, rapporte le Centre de statistiques des défenseurs des droits humains en Iran (HRANA), mais les chiffres réels sont vraisemblablement bien plus élevés.

Le pouvoir tente aussi de jouer l’apaisement, en annonçant une aide mensuelle de 10 millions de rials, soit environ six euros, par personne et pendant quatre mois, qui vise à "réduire la pression économique sur la population". Le salaire moyen en Iran étant d’environ 170 euros par mois. 

Donald Trump menace de frapper l’Iran

"Nous regardons cela de très près. S'ils commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé, je pense qu'ils seront frappés très durement par les Etats-Unis” a déclaré dimanche 4 janvier Donald Trump, à propos de l’Iran.

Le président américain a averti à plusieurs reprises les autorités iraniennes sur son réseau Truth Social. Cette menace ravive la possibilité de nouvelles frappes israéliennes ou américaines sur le sol iranien.

A voir aussi