Circonstances du drame
Elles doivent "être déterminées", selon le parquet de Lyon. Une source proche de l'enquête a évoqué vendredi "des échauffourées et une rixe entre des militants d'extrême droite et d'extrême gauche" comme il s'en produit "très régulièrement" dans ce secteur du centre de Lyon, survenues vers 18H30.
Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient près de l'IEP de Lyon contre une conférence de Rima Hassan, de 18h à 20h.
C'est alors que des militantes de Némésis ont été "agressées", selon le collectif. Sa présidente, Alice Cordier, a diffusé sur X une vidéo tournée près de l'IEP où l'on voit un groupe de jeunes gens entourer deux jeunes femmes au visage caché sous un foulard, aux cris de "fascistes, racistes, c'est vous les terroristes". Un jeune homme enroule alors d'un bras le cou de l'une des jeunes femmes et la projette à terre.
Les hommes, dont Quentin, chargés de la protection des militantes de Némésis "n'ont pas pu leur porter secours (...) car ils ont été poursuivis par un groupe d'une trentaine d'antifas", affirme Némésis. C'est alors que Quentin "a été attaqué avec une extrême violence", il a été "balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pieds", selon le récit du collectif.
Les pompiers ont indiqué à l'AFP avoir secouru vers 19H40 deux personnes, - Quentin et un de ses amis -, quai Furlichon, dans le 5e arrondissement, à près de 2km de l'IEP. "Très grièvement blessé", Quentin a été transporté dans un hôpital de Lyon, et son ami, plus légèrement blessé, dans un autre.
Selon l'avocat du jeune homme et de sa famille, Me Fabien Rajon, il s'agit "d'un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée".
Qui sont les agresseurs ?
Dans son communiqué, Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs de Quentin un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui serait un "membre actif de la Jeune Garde".
La Jeune Garde, groupe antifasciste dont Raphaël Arnault est l'un des fondateurs, a été dissoute en 2025 par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau qui lui reprochait "des agissements violents".
Rima Hassan a déclaré de son côté ne collaborer qu'avec le service d'ordre de La France insoumise "qui n'a jamais recours à la violence et qui n'est en aucun cas impliqué dans ces affrontements".
Qui est Quentin ?
"Le jeune Quentin n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre", il n'avait "aucun antécédent judiciaire" et il "a toujours défendu ses convictions de manière non-violente", a indiqué son avocat Me Rajon.
"Etudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie", il était "investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse", selon lui.
Selon Alice Cordier, Quentin est venu à l'action des membres de Némésis "pour assurer notre sécurité bénévolement". "On a parfois des jeunes hommes qui nous proposent de venir simplement nous filer un petit coup de main si jamais ça devient physiquement trop compliqué pour nous", a-t-elle expliqué à l'AFP.
Enquête
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour "violences aggravées". "A ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés", a-t-il indiqué vendredi.
L'enquête a été confiée à la Direction interrégionale de la police.
Les enquêteurs vont probablement rapidement chercher à entendre le jeune homme qui accompagnait Quentin et aussi à identifier et auditionner les participants à l'action devant l'IEP.
Réactions politiques
Marine Le Pen a appelé à considérer comme "terroristes" les "milices d'extrême gauche" et Jordan Bardella a sonné la "mobilisation de l'ensemble de la classe politique" en pointant du doigt La Jeune Garde.
Le patron des Républicains (LR) Bruno Retailleau, qui avait prononcé la dissolution de la Jeune Garde lors de son passage au ministère de l'Intérieur, y voit un "signe de l'extrême violence qui règne dans les satellites qui gravitent autour de LFI".
La France insoumise pour sa part "condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique", a indiqué son coordinateur Manuel Bompard.
"A aucun moment, Rima Hassan ou les équipes de La France insoumise qui l'accompagnaient" pour sa conférence "n'ont eu de contact avec les groupuscules fascistes qui ont tenté de la perturber", a-t-il ajouté.








