"Je préfère être un assassin qu'un pédophile": interrogé pendant plus de deux heures par la présidente de la cour d'assises de la Réunion, Abraham Bomela est revenu sur les raisons de son passage à l'acte le 28 octobre 2023 à la Possession, dans l'ouest de La Réunion.
"Je ne l'aimais pas car elle me provoquait pour me rendre pédophile", a lancé l'accusé d'une voix calme et dénuée d'émotion en parlant de sa jeune victime, à laquelle il a reconnu avoir porté plusieurs coups de couteau.
"Je me méfiais de la petite, a-t-il encore déclaré devant la cour, je ne voulais pas passer à l'acte sexuel alors je l'ai tuée".
Selon l'enquête, Abraham Bomela, 38 ans à l'époque des faits, avait d'abord poignardé sa mère au domicile familial, des faits qu'il a également reconnus, puis mortellement agressé la fillette présente sur les lieux.
"Envie de tuer tout le monde"
Au volant de son véhicule, il avait ensuite foncé dans les rues, percutant sur son passage un joggeur, un conducteur de scooter, un motard, ainsi que des clients d'un supermarché en train de ranger leurs courses, allant jusqu'à rouler sur l'un d'eux.
Face à l'ampleur de la situation, près de 70 militaires avaient été mobilisés, dont 25 gendarmes du GIGN.
L'homme s'était finalement retranché dans une agence bancaire du centre-ville, où il avait poignardé un agent d'entretien qui avait succombé durant son transport à l'hôpital. Au cours de l'assaut, il avait blessé un gendarme et avait lui-même été blessé.
Questionné par la présidente de la cour d'assises sur ce déchaînement de violence, alors qu'il a "déjà tué (sa) mère et (sa) petite cousine", Abraham Bomela a répondu très calmement qu'"avec la colère, [il] avai[t] envie de tuer tout le monde".
"Je sais que j'ai tout perdu, je suis très en colère, j'ai tué ma maman à cause de la petite", a-t-il dit.
Lors de la première journée d'audience de ce procès prévu jusqu'à vendredi, plusieurs experts ont expliqué que le discernement d'Abraham Bomela était altéré au moment des faits. Si les jurés retiennent cette circonstance, l'homme encourt 30 ans de réclusion criminelle au lieu de la perpétuité.








