L'armée israélienne avait arrêté jeudi 30 avril quelque 175 militants de la "flottille pour Gaza" dans les eaux internationales, avant de les remettre à la Grèce, sauf l'Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila qui avaient été emmenés en Israël car soupçonnés de liens avec le Hamas palestinien, avaient justifié les autorités.
@brutofficiel Il est 20h. Une nouvelle flottille pour Gaza a été interceptée par Israël, plus de 200 militants ont été arrêtés dont quinze Français et une élue de Paris. @Canelle Sab ♬ son original - Brut.
"Après la fin de l'enquête, Saif Abu Keshek et Thiago Avila, les deux provocateurs professionnels (...) ont été expulsés aujourd'hui d'Israël", a annoncé dimanche le ministère sur X.
Il n'a pas fait mention des accusations d'"affiliation à une organisation terroriste", qui ont valu aux deux hommes de passer plus d'une semaine en prison.
Leur arrestation à des centaines de kilomètres des côtes israéliennes, "illégale" et "hors de toute juridiction" comme s'était insurgée l'Espagne, avait entraîné des condamnations à l'international, l'ONU réclamant leur "libération immédiate".
Israël ne "permettra aucune violation" du blocus maritime de Gaza, a redit le ministère dans son message.
Briser le blocus israélien
La "flottille pour Gaza", qui comptait au départ une cinquantaine de bateaux, avait pour but selon ses organisateurs de briser le blocus israélien et d'acheminer de l'aide humanitaire vers l'enclave palestinienne ravagée par la guerre.
L'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, dont les avocats ont représenté les deux hommes pendant leur détention, a annoncé avoir reçu "une confirmation officielle" de leur libération et expulsion des autorités.
"Mauvais traitements et abus psychologiques"
"Depuis leur kidnapping dans les eaux internationales jusqu'à leur détention illégale, (...) les actions des autorités israéliennes ont constitué une attaque punitive contre une mission purement civile", a accusé dimanche Adalah après leur libération.
"Le recours à la détention et à l'interrogatoire à l'encontre des militants et des défenseurs des droits humains est une tentative inacceptable de réprimer la solidarité mondiale avec les Palestiniens de Gaza", a-t-elle ajouté.
Pendant leur incarcération dans la ville côtière d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, Adalah avait dénoncé les "mauvais traitements" et "abus psychologiques" infligés selon elle aux deux hommes, évoquant des interrogatoires de huit heures, un éclairage puissant en cellule 24H sur 24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même durant les visites médicales.
Saif Abu Keshek, d'origine palestinienne, et Thiago Avila ont nié tout lien avec le Hamas. Ils avaient débuté une grève de la faim dès le début de leur incarcération.
Les autorités israéliennes ont rejeté les accusations de mauvais traitements.
Deuxième tentative de la flottille mondiale
La justice avait validé la prolongation de leur détention à deux reprises, pour permettre à la police de les interroger plus longuement.
Selon la diplomatie espagnole, Israël ne leur a fourni "aucune preuve" d'un quelconque lien de son ressortissant avec le mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza.
L'Espagne, qui entretient des relations exécrables avec Israël, ainsi que le Brésil, avaient de façon répétée appelé à la libération rapide des deux militants.
Il s'agit de la deuxième tentative de la flottille mondiale Sumud ("résilience" en arabe) d'accéder à la bande de Gaza.
La précédente avait été interceptée l'an dernier par les forces israéliennes au large des côtes égyptiennes et gazaouies, et ses militants transférés en Israël avant d'être rapidement expulsés.
Tout au long de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le petit territoire a souffert de pénuries de nourriture et autres biens essentiels.
Israël contrôle tous les points d'entrée vers Gaza, soumise à un blocus israélien depuis 2007, et l'accès à l'aide humanitaire y reste largement restreint.






