Ils sont une petite quarantaine, drapeaux à la main, à se retrouver ce jeudi 17 septembre devant le ministère de la Santé, dans le 15e arrondissement de Paris. Des délégués syndicaux étaient reçus par la ministère.
Les psychiatres étaient en effet réunis à l’appel de l’intersyndicale de la profession, qui avait également lancé un appel à la grève. En cause : une dénonciation de la “crise profonde” du secteur, qui “s’aggrave”, en l’absence de réelles solutions politiques. Ils déplorent aussi la “vétusté criante des locaux et équipements” de l’hôpital public, qui n’investit pas assez dans les services psychiatriques selon eux.
Un constat partagé par les manifestants croisés sur place. Lunettes rondes sur le nez, barbe pointue et foulard autour du cou, Jérôme, pédopsychiatre en Île-de-France (il n’a pas souhaité communiquer le nom de son établissement), évoque une structure en manque de personnel. “Nous sommes sept unités en psychiatrie dans mon hôpital. Il devrait y avoir un médecin pour chaque unité, nous ne sommes que deux”, déplore-t-il.
“Pas assez d’attractivité” pour le métier de psychiatre
Autre situation partagée par sa collègue Marie* venue soutenir “la cause” : la vétusté de certains équipements. Elle aussi travaille en hôpital public, et se dit “fatiguée” des problèmes à répétition. “Travailler dans des locaux où il n’y a pas de téléphone, plus de chauffage, une chaleur étouffante comme cet été, ce n’est pas possible”, déplore-t-elle. Feuilles sous le bras, elle livre avec émotion les revendications. “On veut une revalorisation ! Bon nombre de praticiens vont laisser tomber le métier si on ne fait pas cela. Il n’y a pas assez d’attractivité pour le métier de psychiatre, c’est un enjeux de santé publique !”, livre-t-elle.
Un autre médecin rencontré par Brut. énonce des journées interminables, faute d’effectif. “On court d’une unité à l’autre et d’un patient à l’autre”. Ce ne sont pas les soins qui sont dégradés à terme, c’est la santé de nos patients !” évoque-t-il avec vigueur. Tous les trois sont d’accord pour dire qu’il y a “un désintérêt profond” de la profession. “Les conditions de travail sont tellement dégradées que personne ne veut venir. Chez les ados, les tentatives de suicide augmentent au fil des années, et il n’y personne pour les soigner” soupire Marie.
Ce n’est pas la première fois que les professionnels de la psychiatrie manifestent pour leurs conditions de travail. En juin dernier, ils avaient déjà effectué une rencontre au sein du ministère de la Santé. L’intersyndicale déplore “des promesses vagues” ou encore “des mesures irréalisables” faute “de moyens supplémentaires”. La santé mentale avait été annoncée comme une “Grande cause nationale” par le président de la République Emmanuel Macron en cette année 2026. Force est de constater que cela n’est pas pris en compte par les personnes concernées. “C’est un coup de com ! Une vaste fumisterie ! Entre cette année et l’année dernière, les budgets ont baissé. Comment voulez-vous qu’on croit ce qui est dit” conclut Jérôme inquiet.
* Le prénom a été modifié.








