Mort de Quentin Deranque: le parquet requiert la mise en examen pour "homicide volontaire" de sept suspects

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Le parquet de Lyon a requis jeudi la mise en examen de sept hommes pour "homicide volontaire" du militant nationaliste Quentin Deranque, frappé à mort il y a une semaine, et leur placement en détention provisoire.
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Le procureur de Lyon Thierry Dran a justifié sa demande de mise sous écrou en raison du "risque de trouble à l'ordre public", de concertation et de destruction de preuves.

Une information judiciaire a été confiée à trois juges d'instruction, à qui ces hommes âgés de 20 à 26 ans, interpellés mardi soir et mercredi, doivent désormais être présentés. 

Ils contestent l'intention d'homicide

Lors de leur garde à vue, "deux ont refusé de s'exprimer", les autres "reconnaissent leur présence" sur les lieux de l'agression et "certains admettent avoir porté des coups" à Quentin Deranque "ou à d'autres victimes", a relaté le procureur.

"En revanche, ils contestaient tous une intention homicide", a-t-il ajouté.

"Trois déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance ultragauche", a dit le magistrat, assurant ne pas savoir si certains font l'objet de fiches S, qui recensent les individus considérés comme potentiellement dangereux pour la sécurité nationale.

Deux ont des antécédents judiciaires: l'un pour violences et usage de stupéfiants, l'autre pour vol et port d'armes. Un troisième "fait actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction à Paris pour des faits de violences aggravées en raison de la race, l'ethnie ou la religion", a-t-il encore détaillé.

Parmi eux, il y a des étudiants, des employés dans le privé, une personne sans emploi et un assistant parlementaire, d'après Thierry Dran. Ce dernier est Jacques-Elie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, qui a annoncé mardi avoir engagé les démarches pour suspendre son contrat.

Ils ont été identifiés après l'audition de plusieurs témoins, l'exploitation de vidéos et d'éléments matériels, a relaté le procureur. "L'identification des personnes présentes sur les lieux était difficile et à ce jour d'ailleurs il reste plusieurs personnes à identifier", a-t-il souligné.

Trois femmes et un homme, soupçonnés de les avoir aidés à se soustraire à la justice, avaient été arrêtés avec les suspects et ont été remis en liberté jeudi. Ils seront convoqués ultérieurement par la justice pour répondre de "recel de malfaiteurs", selon Thierry Dran.

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