"Une seule adversaire"
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a assuré mercredi n'avoir "qu'une seule adversaire, Rachida Dati", considérant l'Insoumise Sophia Chikirou comme sa "concurrente", lors d'un premier - et dernier - débat télévisé de près de trois heures axé sur le périscolaire, le logement ou encore la propreté et la sécurité.
"Ce soir, je n'ai qu'une seule adversaire, c'est Rachida Dati", a déclaré Emmanuel Grégoire lors du débat sur BFMTV et Le Figaro TV avant le second tour dimanche des élections municipales où il affrontera la candidate de la droite et du centre et celle de La France insoumise.
"Faute morale"
"Imaginez-vous un seul instant (...) Jacques Chirac, élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen?", a-t-il également étrillé, évoquant une "rupture morale historique" avec "la droite républicaine qui maintenait la digue totalement hermétique vis-à-vis de l'extrême droite".
"Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale, au vu des très nombreux responsables qui vous ont apporté leur soutien, (Jordan) Bardella, (Bruno) Gollnisch, toutes les générations... On dirait le comité de soutien de Marine Le Pen. C'est une faute morale", a-t-il ajouté.
Sarah Knafo, candidate d'extrême droite qualifiée pour le second tour, a en effet retiré sa liste pour faire "battre la gauche" à Paris, quand celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) a fusionné avec celle de Mme Dati.
"Nouvel élan"
Cette dernière a de nouveau exhorté les électeurs à "se mobiliser pour l'alternance à Paris dimanche". "Après un quart de siècle de la gauche à Paris, Paris a besoin d'un nouvel élan. Alors le choix, il est simple. Soit on continue avec une gauche qui a échoué sur tout, soit on change", a-t-elle lancé.
En tête du premier tour (37,98%), Emmanuel Grégoire a estimé que Sophia Chikirou, arrivée troisième, était sa "concurrente". La candidate LFI, elle, a estimé être "la seule véritable opposante" à la candidate de droite et du centre.
L'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo a reconnu des "points communs" avec la députée Insoumise qui a maintenu sa liste après le "refus" du candidat de fusionner. Mais "la dureté" de la campagne de Sophia Chikirou à son encontre "rendait impossible toute alliance", a-t-il affirmé.
"Tout remettre à plat"
"Paris n'a pas besoin d'une maire des riches après avoir eu un président des riches", a rétorqué sa concurrente, renvoyant dos à dos les deux favoris du scrutin.
"Mme Dati, j'espère qu'on la sortira (...) La droite, c'est terminé. Ils ont fait trop de mal aux gens", a-t-elle toutefois attaqué, reprochant à M. Grégoire de vouloir "continuer la même politique" avec "le même budget".
Au cœur de ce premier - et unique - débat entre les favoris dans la course à la mairie de Paris, la question des violences sexuelles dans le périscolaire a occupé une large place.
"On va tout remettre à plat", a promis Emmanuel Grégoire, ciblé par ses deux concurrentes sur ce scandale qui a percuté la campagne municipale.
Sophia Chikirou, elle, a assuré qu'elle débloquerait 19 millions d'euros supplémentaires par an pour le périscolaire.
Logement, écologie, sécurité, les candidats ont déroulé leur programme lors d'un long débat, se coupant régulièrement la parole.
Réduire la taxe foncière
Si elle est élue, Rachida Dati a promis de réduire la taxe foncière à Paris, sans toutefois chiffrer cette mesure.
Sur la question des campements de réfugiés dans le nord de Paris, la candidate Insoumise a exhorté à "un choc de solidarité" pour les sans-abri dans une situation "dramatique".
Interrogée sur son procès en septembre pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault-Nissan, Rachida Dati a dénoncé les "attaques outrancières" d'Emmanuel Grégoire.
"En matière d'affaires, moi je ne suis pas à la hauteur, on vient me chercher des poux pour une affaire de cafetière et de micro-onde", a ironisé Sophia Chikirou, qui sera, elle, jugée en mai pour escroquerie.
"Assumer votre bilan"
Les deux candidates ont régulièrement renvoyé Emmanuel Grégoire à l'héritage de la maire sortante, Anne Hidalgo. "On ne vous entend pas assumer votre bilan", a tonné l'Insoumise.
Emmanuel Grégoire, lui, s'est dit "très reconnaissant" à l'égard d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë, maire de 2001 à 2014. "Je suis héritier de la gauche, j'en suis très fier."
Sophia Chikirou n'était initialement pas invitée à ce seul débat d'entre-deux tours. Mais BFMTV est revenue sur sa décision après protestation de la formation de Jean-Luc Mélenchon qui a saisi l'Arcom. Avant le premier tour, Rachida Dati, elle, avait refusé de débattre.






