"Remettre de l'ordre dans les affaires de la France" et faire de "l'intérêt de nos enfants" la "boussole du prochain quinquennat": Édouard Philippe a franchi dimanche un nouveau cap de sa campagne présidentielle, en évoquant une "refonte massive de l'école" et en assurant de la justesse des "efforts" qu'il entend demander aux Français.
Un slogan, "Croire en nous", une identité visuelle, toute de bleu-blanc-rouge, un discours à la tonalité plus personnelle --son identité, sa famille, son rapport à la maladie--, environ 5.000 personnes dans l'Adidas Arena, porte de la Chapelle dans le nord de Paris : souvent raillé pour son peu d'empressement à entrer dans l'arène, le président d'Horizons a haussé le ton, à neuf mois du scrutin qui donnera un successeur à Emmanuel Macron.
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— Avec Édouard (@HorizonsLeParti) July 5, 2026
"Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Nous allons prendre le pouvoir !", a lancé le maire du Havre devant ses partisans.
Plus d'un millier d'élus étaient présents, selon Horizons. Dont un certain nombre de visages extérieurs dont le soutien avait été distillé dans la semaine : pour Renaissance, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et son collègue ministre Mathieu Lefevre, en plus de quelques députés (Astrid Panosyan-Bouvet, Marc Ferracci). Le ministre LR Nicolas Forissier était également présent, de même que deux députés MoDem ou encore le président du Parti radical, Laurent Hénart.
L'État devra "se serrer la ceinture"
Rien de très nouveau sur le fond, si ce n'est une réponse à l'étiquette du "sang et des larmes" que tente de lui accoler Gabriel Attal. Tout juste "un peu de sueur": "je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps", a assuré Édouard Philippe.
La France "sait très bien" que "tout n'est pas perdu, pour peu qu'on lui dise la vérité" et "qu'on tienne enfin ce qu'on promet", a-t-il assuré, promettant de "préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants" mais assumant de dire aux retraités qu'ils devront contribuer d'avantage, "aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps" et à l'État" qu'il devra se "serre(r) la ceinture".
Il a ensuite évoqué "une refonte massive de l'école", "la plus importante peut-être depuis Jules Ferry", souhaitant notamment "que chaque élève de France ait accès à un soutien scolaire universel combinant assistant IA personnalisée et brigades de professeurs, voire d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires".
Le RN taclé de "social dans le Nord, libéral dans le Sud"
Édouard Philippe a promis de "remettre de l'ordre dans les affaires de la France": dans la justice, avec l'application systématique de courtes peines, ou aux frontières, avec des étrangers délinquants expulsés et privés d'aides sociales.
Il a également livré un assez habituel plaidoyer féministe et d'une société qui "portera mieux lorsque les femmes auront toujours plus les moyens de leur liberté, toujours plus d'autorité dans les décisions collectives". "Je ne suis pas né avec cette conviction" mais "j'ai la foi du converti" et "je ne lâcherai rien dans ce combat", a-t-il expliqué.
Édouard Philippe n'a pas oublié de cibler ses principaux adversaires, le Rassemblement national et La France insoumise. Le premier taxé d'ambivalence, "social dans le Nord, libéral dans le Sud, porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes, mais gourmand des petits fours à Monte-Carlo".
LFI ensuite, et sa "prétendue nouvelle France de ceux qui banalisent les délires ethniques ou communautaires" en "faisant le choix de la division communautaire, en flirtant souvent avec l'antisémitisme le plus rance, en nourrissant à dessein la haine du flic, la haine du riche".






