Les réactions n’ont pas tardé. Elles viennent de la gauche à la droite en passant par les anciens soutiens du président de la République Emmanuel Macron. Ce qui est reproché au chef de l’État lors de sa prise de parole ce dimanche 18 octobre, c’est d’avoir essentiellement brassé de l’air. S’il a assuré que de nouvelles mesures seront annoncées dans les prochains jours, le président est en effet resté assez mutique quant à des réponses claires aux revendications des lycéens ou des étudiants. Il a par exemple renvoyé ce point à des concertations à venir “autour de la table”, organisées par le ministère de l’Éducation nationale.
Pas de prise en compte des revendications sociales
Cette apparition télévisée devant près de 16 millions de téléspectateurs n’a pas été du goût de la gauche, qui déplore un manque de prise en compte des revendications sociales des manifestations de samedi 17 octobre 2026. “L'artisan du chaos remet de l’huile sur le feu. Aucune réponse aux revendications, pas un mot pour les jeunes mutilés à vie. La seule annonce : l’interdiction possible des manifestations.” déplore Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Son collègue député (Bouches-du-Rhône) LFI, Manuel Bompard, coordinateur du mouvement mélenchoniste, énonce que “sur tous les aspects du problème”, le chef de l’État “n’annonce strictement rien”.
Marine Tondelier, candidate Les Écologistes, se dit “en colère” suite à ces annonces. Elle évoque son regret d’être “convoqué(e) à Matignon comme des enfants au tableau à l’école pour ‘obtenir des positions claires et publiques’ sur les violences des manifestations”. Pour elle, c’est “très clair : nous (les Ecologistes) condamnons toutes les violences.” conclut-elle.
Du point de vue partagé par le candidat de la gauche démocrate, Raphaël Glucksmann, c’est une fin de non recevoir et le maintien de l’ordre qui sont aussi déplorés. “Il doit répondre au chaos et annoncer concrètement ce qui va être entrepris pour le maintien de l’ordre” affirme le candidat. Pour la candidate à la présidence de la République Natacha Polony, “Emmanuel Macron a préféré le chaos dans une atmosphère de fin de règne”. Un point de vue partagé par d’autres personnalités politiques.
“Sans autorité”
On pourrait décemment croire que le président aurait le soutien d’anciens membres du gouvernement. Pourtant, le candidat à la présidentielle et ancien Premier ministre Édouard Philippe s’est exprimé sur X pour écarter cette idée. “J’aurais préféré, comme des millions de Français, des décisions et des initiatives permettant le retour à l’ordre et le rétablissement de l’autorité de l’État. (...) Notre pays a besoin d’être commandé” a-t-il commenté sur le réseau social X.
Monsieur le Président, Je vous ai écouté ce soir. En tant que maire et en tant que citoyen consterné et inquiet des évènements actuels. J’ai entendu vos commentaires, vos souhaits et une volonté louable de rétablir le dialogue. J’aurais préféré, comme des millions de Français, des décisions et des initiatives permettant le retour à l’ordre et le rétablissement de l’autorité de l’État, la sanction des pilleurs et des casseurs ainsi qu’une méthode détaillée pour rétablir la discussion avec les lycéens et les organisations syndicales. Notre pays a besoin d’être commandé.
— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) October 18, 2026
Pour l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, aujourd’hui candidat Les Républicains (LR) à la présidence de la République, il y a un manque de fermeté de la part du chef de l’État. “Le président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’Etat à la chienlit qui menace la République”.
À l’extrême droite de l’échiquier, Marine Le Pen déplore, dans vidéo de plus de 8 minutes, le manque de crédibilité du chef de l’État. Elle énonce “un président sans crédit ni autorité, muet, qui a perdu tout contact avec la réalité, et laisse les événements décider à sa place”. Elle ajoute que “Nous avons un pouvoir macroniste à bout de souffle. Il commente sa propre impuissance, sa propre déchéance.” Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella (qui continue de nier les révélations de Mediapart), a trouvé “lamentable” l’allocution d’Emmanuel Macron. “Ce pouvoir lâche et désorienté n’a plus rien à dire aux Français, plus rien à leur proposer.” ajoute-t-il sur son compte X. Enfin, le candidat à la présidentielle Éric Zemmour évoque que le président “a parlé pour ne rien dire comme d’habitude.”
Une réunion doit être organisée prochainement avec les chefs de partis politiques à Matignon. Le Rassemblement national (RN) a déjà fait savoir qu’il ne répondrait pas présent.








