Visé par des attaques racistes, Teddy Riner affirme qu'il continuera à s'exprimer

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Ciblé par de nombreux propos racistes depuis sa prise de parole contre l'extrême droite, le judoka Teddy Riner a affirmé jeudi qu'il continuerait à "(s)'exprimer librement".
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"Suite à ma prise de parole du 16 septembre, de nombreux tweets, publications, commentaires et messages à caractère haineux ou raciste ont circulé sur les réseaux sociaux à mon encontre", a déclaré Riner sur son compte X. 

"J'ai exprimé une inquiétude. Chacun est libre de la partager ou non. Le débat et la contradiction sont légitimes. La haine et le racisme ne le sont pas." Le quintuple champion olympique est pris à partie pour avoir fait part lors de l'émission Stade 2 de son "angoisse" de "la montée de l'extrême droite" en France, qui "le fait flipper".

Mercredi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement.

Un engagement en politique pour Teddy Riner ?

Après l'interview sur France 2, "les propos de Teddy Riner ont ensuite été repris dans l'édito quotidien de l'Heure des Pros du 17 septembre sur CNews, puis Teddy Riner a répliqué sur X", a retracé le parquet.

"Il est ressorti de la veille des réseaux sociaux opérée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) que de nombreux messages haineux ont visé le judoka", a-t-il précisé à l'AFP.

"Désormais, chaque propos haineux ou raciste tenu à mon encontre sera documenté et, lorsque les faits le justifieront, fera l'objet des suites judiciaires appropriées", a souligné Teddy Riner.

"Je continuerai à m'exprimer librement, avec respect et sans haine", a-t-il conclu. 

Le multiple champion du monde, qui espère finir sa carrière par un nouveau titre aux JO de Los Angeles en 2028, a plusieurs fois laissé entendre qu'il pourrait s'engager en politique.

Égratigné par Pascal Praud

Au lendemain de sa prise de parole, Teddy Riner avait été égratigné par Pascal Praud, journaliste vedette de la chaîne CNews, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. "Il dit ce qu'il faut dire quand on est comédien, footballeur, intellectuel et qu'on vient à la télévision. On achète ainsi un brevet de bonne conscience à peu de frais", avait estimé M. Praud dans son émission "L'heure des pros" le 17 septembre.

Puis, mardi, Pascal Praud est revenu sur des propos similaires de l'humoriste Paul Mirabel dans l'émission Quotidien "contre certains partis qui prônent la division et le non-vivre ensemble".

En référence à ces propos, M. Praud a indiqué vouloir faire "chaque matin" une "revue de presse", parce que "tous les jours vous allez avoir un artiste ou un second couteau qui expliquera sur l'antenne de Quotidien, sur l'antenne de France Inter, sur l'antenne du service public qu'il faut ne pas voter pour le Rassemblement national". La vedette de CNews a également cité l'actrice Adèle Exarchopoulos ou le musicien Grand Corps Malade.

Mercredi, dans son édito sur France Inter, le journaliste Patrick Cohen a accusé M. Praud de "dresse(r) des listes" et d'endosser ainsi "la marotte historique de l'extrême droite". Il en a également appelé à l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel.

Depuis un an, de vives tensions et une procédure judiciaire opposent les médias de la galaxie Bolloré et l'audiovisuel public autour de la question du pluralisme.

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