4 conseils pour convaincre grâce à la rhétorique

Dîner de famille, date, travail… Clément Viktorovitch fournit des conseils pratiques pour convaincre dans 4 types de situations grâce à la rhétorique.

1/ Pendant un dîner de famille : minimiser le désaccord

Clément Viktorovitch, politologue : “Pendant un dîner de famille, le conseil que je donne, c’est d’essayer de minimiser le désaccord. Cela passe par un truc tout bête.

Prononcer cette phrase qu'on oublie trop souvent de dire : “Là-dessus, tu as raison. Je suis d’accord avec toi.”

C’est comme cela qu’on, avec ce tout petit procédé, que l’on peut minimiser les conflits dans les débats de famille et faire en sorte que la personne avec qui on échange devienne un interlocuteur et pas un adversaire.

C’est quelque chose que l’on retrouve dans la politique. Cela permet de montrer une apparence d’ouverture. Éric Zemmour l’utilise très souvent.”

Voici 5 conseils pour être plus à l’aise quand on s’exprime en public.

2/ Pendant un date : mettre en avant la meilleure image de nous-même

“On va ici chercher à mettre en avant la meilleure image possible de nous-même. Il y a une règle en rhétorique c'est que les mots que nous prononçons produisent leur effet indépendamment de la phrase dans laquelle ils sont placés. C’est ce qu’on appelle, en termes techniques, la fonction proférentielle du langage.

Si je dis “moi, tu sais, je ne trompe jamais la personne avec qui je suis”. Et bien, le mot que la personne va avoir à l’esprit, c’est le mot “tromper”. En rhétorique, il faut se méfier des phrases en négatif et tourner tout ce qu'on dit en positif pour mettre à l'esprit de notre interlocuteur le mot que l’on souhaite.

Donc par exemple dire à l’autre : “tu sais ce qui est très important pour moi, c’est la fidélité”.

Ce conseil, en réalité, on peut le déployer au quotidien. Il suffit de penser à toutes les fois ou on a dit quelque chose comme : “N’ai pas peur”, “ Ne stresse pas”; “Tu ne crains rien”, “C’est pas mal”, "C'est pas bête". Pourquoi ne pas tourner tout ça en positif en disant “Rassure-toi, “Tout va bien se passer".

L'ultracrépidarianisme, c’est l'art de parler de ce qu'on ne connaît pas. Étienne Klein, philosophe et physicien, nous explique précisément ce dont il s’agit.

3/ Pendant une négociation salariale : lever les réticences

“Si je dis à mon patron quelque chose comme “écoutez patron, je pense que j’ai fait une excellente année donc ma question est la suivante : de combien comptez-vous m’augmenter ?” Immédiatement, il va se braquer.

Si je dis à mon patron : “Vous savez, je pense que j’ai pas trop mal travaillé cette année”. Du coup, je me demandais si éventuellement, on pourrait évoquer peut-être une petite augmentation de salaire.” Bon, là, pour lui, c'est beaucoup trop facile de répondre non.

Et donc, le bon réflexe rhétorique, c’est de lever les réticences sans susciter de résistances et ça va donner quelque chose comme : “ Écoutez patron, je pense que j’ai fait une bonne année donc il y a un sujet qui me tient à cœur, je voulais évoquer avec vous. Pouvons-nous cette année envisager une augmentation de la rémunération. Et là, on est entre les deux. Cela ne veut pas dire qu'on va nous répondre oui mais ça minimise les chances qu'on nous réponde non.”

“Si vous n’osez pas, vous n’obtiendrez rien”. Voici 4 conseils pour bien préparer votre demande d’augmentation.

4/ Pendant une présentation en public : faire attention à son accroche

“Un conseil qu’on peut donner c’est de faire attention à son accroche. Le problème c’est qu'on a souvent tendance à rentrer dans nos discours avec une approche descriptive. Par exemple, comme : “Bonjour à tous, je m'appelle Clément Viktorovitch, je vais vous parler de rhétorique, je vais vous expliquer pourquoi c’est important”. Bon, j'ai même pas fini mon introduction que tout le monde s’est déjà endormi.

C’est pour ça qu'en rhétorique, on conseille plutôt de rentrer dans une intervention avec une accroche “ex abrupto”. C'est-à-dire, l'accroche la plus abrupte possible. On rentre directement dans le vif du sujet.

On peut utiliser en effet, une anecdote et commencer en disant : ”Chers amis, j'aimerais vous raconter une histoire. J’aimerais vous raconter l'histoire d’un petit garçon qui avait peur de parler en public, de prendre la parole dans sa salle de classe et qui pendant des années est resté terne, gris, apeuré au fond de la classe jusqu’à ce qu’il décide d’apprendre la rhétorique. Ce petit garçon, c’est moi et aujourd'hui, j'aimerais vous transmettre ce que j’ai appris de moi-même pour s’exprimer en public”.

C’est totalement cliché, c’est des très grosses ficelles. Mais en fait, parfois, il vaut mieux une grosse ficelle que pas de ficelle du tout.”

Prendre la parole en public, ce n'était pas une évidence pour lui. Pourtant à 20 ans, Jammeh est en finale du plus grand concours d'éloquence francophone, Eloquentia. Il raconte.

Être un bon orateur armé d’arguments précis permet de convaincre plus facilement un auditoire. Lorsque l'on pense à l'art oratoire de la persuasion et de la rhétorique, la Grèce antique, la philosophie et Aristote viennent à l'esprit.

Depuis, les fondamentaux de la pratique continuent de faire l'objet d'enseignement. Pour convaincre, le discours, l'utilisation de termes du langage et le style oratoire doivent être préparés et travaillés en amont. Les arguments doivent être parfaitement choisis afin d'impacter au mieux l'argumentation.

Avec de l'entraînement de la pratique, persuader un auditoire devient possible. L'art oratoire et l'éloquence sont des capacités qui se développent au fil du temps.

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Brut.
20 octobre 2021 14:59