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Charlotte Pudlowski a enquêté sur l'inceste

C'est une violence qui touche près d'un Français sur 10, mais le silence règne. Charlotte Pudlowski a voulu comprendre pourquoi.

Enquête sur l’inceste avec Charlotte Pudlowski

Charlotte Pudlowski est journaliste. Elle a enquêté sur l’inceste, ses victimes et leur silence. Elle rapporte son récit à Brut. 

« Il y a huit ans, j’ai appris que ma mère avait été victime d’inceste », raconte la journaliste Charlotte Pudlowski, qui a mené un enquête sur ce phénomène. Après la révélation de sa mère sur les violences qu’elle avait elle-même subies, elle se questionne : « Je me suis dit : “Si même dans une famille comme ça, aussi propice à laisser émerger les récits, on ne peut pas parler de ça, qu’est-ce que ça dit de ce que c’est ? Pourquoi elle est si subversive, cette parole autour de l’inceste ? Je voulais travailler sur ce silence-là. »

De nombreuses victimes

Selon les études menées, deux à trois élèves par classe sont victimes d’inceste. En avançant dans son enquête, Charlotte est surprise de découvrir à quel point les victimes sont nombreuses. En effet, 7 à 10 % de la population ont subi des viols intrafamiliaux dans l’enfance. Ces violences commencent en moyenne à l’âge de 9 ans.

Selon la journaliste, l'ignorance de l’ampleur de phénomène est due au silence qui l’entoure. De plus, l’absence de dialogue sur le sujet entraîne le mutisme des victimes : elles n’osent pas en parler car personne n’en parle.

Un silence trop pesant

Dans son podcast Ou peut-être une nuit, Charlotte Pudlowski décortique les mécanismes qui réduisent les victimes d’inceste au silence. Elle explique que plusieurs facteurs empêchent les victimes de parler : les menaces faites par l’agresseur, les mécanismes de mémoire traumatique entraînant l’oubli, l’entourage proche conditionné au silence et la société dans son ensemble.

« Les associations se battent depuis des décennies avec des propositions très concrètes, des mesures judiciaires sur la manière dont on traite les victimes, sur la manière dont on traite leurs paroles », explique Charlotte. Elle poursuit : « Il y a d’abord un enjeu de parole et de silence, au sens de laisser les victimes parler et d’accepter de les écouter. Mais aussi, collectivement, d’accepter d’entendre le problème. Moi, j’ai entendu des victimes qui m’ont dit qu’elles s’étaient retrouvées dans des cabinets de psy et qu’on leur avait dit : “C’est pas si grave, ça arrive dans plein de familles”. »

«  J’ai rencontré plusieurs personnes qui ont été victimes d’inceste et qui sont heureuses »

Charlotte tient cependant à rappeler que l’on peut se relever après de telles violences. Elle prend l’exemple de sa mère, aujourd’hui heureuse : « C’est pas une condamnation à mort si c’est traité, si on reçoit assez d’amour et la possibilité de parler. Si on est accompagné, si on est protégé par des gens, qu’on n’est pas dans un métier où on s’expose trop au stress. »

C’est la raison pour laquelle il est important de former le corps enseignant à ces sujets-là. En étant formés, les professeurs pourraient recueillir la parole, l’identifier. Ainsi, les enfants pourraient recevoir une prise en charge plus avancée.

23/09/2020 06:31
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563 commentaires

  • Hassan F.
    5 jours

    Cv

  • Claire L.
    5 jours

    Le jour où toucher à un enfant sera déjà puni correctement, cela ferait peut-être réfléchir ceux qui veulent toucher le moindre cheveux d'un petit. Personnellement, si quelqu'un touche à un de mes enfants, qu'il se considère comme mort. Car je défendrai mes enfants et leur innocence comme une louve.

  • Vanessa C.
    5 jours

    le pire c'est rarement puni par la justice les peine de prison sont dérisoires les juges se foute des victimes

  • Bouchon d.
    6 jours

    Pas certaine que ce soit nécessaire de parler d'avoir vécu des attouchements car c'est comme ça qu'on transmet les mémoires traumatiques de générations en générations. On donne à ses enfants les pierres qu'on a dans son sac à dos et l'enfant doit se débrouiller avec des traumatismes qui ne lui appartiennent pas. Faire de la prévention et mettre en garde par rapport à des comportements incestueux etc oui, mais transmettre un vécu traumatisant non.

  • Catherine S.
    6 jours

    L’inceste maternel.., tabou et sensible, a broyé mes rêves d’enfant. Je parle et je témoigne de mon vécu. Des conséquences :une autodestruction implacable, anesthésiée par l’héroïne et autres substances toxiques. Addictions et maladies chroniques. Traiter? Perso, l’analyse m’a permis de survivre et même de construire ma propre vie. La parole est essentielle et l’écriture apaisante. Transmettre. Merci infiniment

  • Xav P.
    6 jours

    Merci à vous pour cette prise de parole.

  • Pynson V.
    20/11/2021 14:03

    2 à 3 enfants par classe, c'est vraiment énorme :-(

  • Patricia S.
    20/11/2021 09:08

    Merci 🙏

  • Kris H.
    20/11/2021 07:17

    https://odysee.com/@AlexandreLebreton:8/ariane-bilheran-sur-rcf-l-imposture-des:6

  • Sylvette S.
    20/11/2021 02:21

    Une série de podcasts remarquables de la même autrice sur ce sujet , https://louiemedia.com/injustices-2/ou-peut-etre-une-nuit

  • Aure L.
    19/11/2021 21:02

    Faudrait les enterrer vivants ceux qui commettent ces actes

  • Patricia R.
    19/11/2021 20:51

    Merci

  • Bel B.
    19/11/2021 20:23

    Un terrible fléau, il faudrait peut être commencer à se demander pourquoi il y en a autant dans notre société ? On tape beaucoup ailleurs mais on regarde très peu ce qui se passe chez nous. Cette cause est celle qui me touche le plus, je ne supporterai jamais qu’on puisse faire cela à un enfant. Toute ma force et courage aux victimes.

  • Hélène B.
    19/11/2021 11:34

    : d'habitude vous mettez les références lié à l'interview non ? J'aimerais bien avoir le lien de son podcast, s'il vous plait.

  • Conchita M.
    19/11/2021 10:22

    Ces chiffres sont impressionnants !

  • Alexandre G.
    19/11/2021 10:16

    Bonjour Simone,. Je me permet mais avec respect (de vous tutoyez,.alors ça c'est que vous madame Simone. Merci à vous déjà 2 nous répondre. Cool é gros bisous qu'à vous voilà.

  • Ln B.
    19/11/2021 09:52

    A voir le Reportage de Karl Zéro à ce sujet (et d'autres) qui s'appelle "1/5" très intéressant et en même temps consternant !

  • Leslie F.
    19/11/2021 09:45

    2 à 3 enfants par classe 😳😱😭

  • Michele T.
    19/11/2021 09:36

    "parler c'est aller contre l'ordre social"

  • Sandrine O.
    19/11/2021 09:35

    Ma génération (j'ai 47 ans) n'était pas écoutée, on ne cherchait pas plus loin quand un enfant s'isolait, ne supportait pas qu'on le touche, bref quand il y avait des signes. Rien que dans mon entourage je connais 5 femmes de ma génération qui ont été victimes. Personnellement j'ai toujours dit à mes enfants dès l'entrée à la maternelle que personne n'a le droit de toucher leur culotte, absolument personne, même à la douche je les laisser se laver le sexe et les fesses tout seuls pour leur montrer que même maman ne touche pas. Je ne les ai jamais envoyé en colonie et j'ai toujours fait en en sorte qu'ils ne se retrouvent jamais seuls avec un adulte.

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