Les clichés sur les vidéos ASMR

Sur YouTube, Flo fait des vidéos ASMR, une étrange méthode de relaxation qui repose essentiellement sur les sons. Il raconte sa passion. Sans cliché.

Quatre clichés sur l’ASLR

Sur YouTube, Flo fait des vidéos ASMR, une méthode de relaxation qui repose essentiellement sur les sons. Il raconte sa passion. Sans cliché.

Cliché n°2 : l'ASMR, c'est bizarre

C'est sûr que quand on tombe sur un YouTubeur qui vous chuchote des choses, qui tapote sur des objets… Mes propres amis me trouvent peut-être étrange parce que dans la vie, je ne chuchote pas, je ne tapote pas sur des objets. C'est aussi une sensation très intime. C'est quelque chose qui ne se partage pas, on ne regarde pas une vidéo ASMR, on ne partage pas cette sensation-là. Au même titre qu'un massage.

On croit que l'ASMR est bizarre parce qu'on tombe sur des vidéos sur YouTube avec une intimité qui dépasse complètement les codes de notre société. On se sent presque attaqué de voir quelqu'un nous parler de manière aussi intime. Pourtant, ça remonte à une sensation qui existe depuis la nuit des temps, qui n'avait pas de nom jusqu'à il y a une dizaine d'années. Et qui remonte aussi à l'enfance.

En principe, quand on a des souvenirs d'enfant, de ses parents qui chuchotaient, qui nous racontaient une histoire à l'oreille, ça fait fi de tous les codes sociaux qui font qu'on peut appeler ça dérangeant.

Cliché n°2 : l'ASMR, c'est des bruits de bouche

Ce n'est pas parce qu'on est proches de nos micros quand on chuchote qu'on peut entendre des claquements de bouche. Il y a des bruits de bouche, mais, c'est un stimuli sonore qui n'est pas forcément apprécié de tous, dans la communauté ASMR. Et je rappelle que c'est lié aux cinq sens, c'est aussi visuel. Moi, je suis déclenché quand je regarde quelqu'un nettoyer des vitres, quelqu'un emballer des objets dans du papier cadeau, quelqu'un faire des origamis. On n'est pas forcément dans la sonorité, on est aussi dans le visuel.

Cliché n°3 : c’est un truc de YouTubeurs

L'ASMR ne se résume pas à regarder des vidéos sonores sur Internet. C'est aussi, par exemple, le petit massage qu'on peut recevoir au niveau du crâne. Ça peut être l'instituteur qui écrit à la craie au tableau d'une manière très douce, ça peut être le camarade qui chuchote à l'oreille, les parents qui racontent du bout des doigts les images sur un livre. Ce n'est pas ce cliché de YouTube.

YouTube, c'est un ersatz de l'ASMR. C'est un lieu où on va essayer de reproduire cette sensation. Ça n'est pas le fief, ça n'est pas le centre de l'ASMR, c'est simplement un endroit où les gens se regroupent, c'est une communauté fédérée grâce au digital pour partager cette sensation qui, pourtant, est de l'ordre de l'intime.

Cliché n°4 : c’est en anglais

La communauté ASMR est née sur Internet dans les pays anglo-saxons. Forcément, par viralité, la francophonie l'a adopté tel quel, avec quelques années de retard. On a pris des termes qui sont en train de se franciser, mais qui restent anglais. « Tapping » pour tapotement, « squishing » pour pétrissage…

Je n'en veux pas aux gens de détester, parce qu'on peut très bien détester l'ASMR. Ça peut être totalement agaçant, on parle même de misophonie, c'est-à-dire d'un son complètement désagréable. Mais ça peut aussi aider. Des millions de gens s'endorment, soignent des douleurs ou arrivent à mieux se concentrer grâce aux vidéos ASMR. Pourquoi s'en priver ? Pourquoi juger quand ça fonctionne réellement ?

La science n'a pas encore expliqué ce que c'est. Mais le digital, les internautes, se sont emparés d'un phénomène qui n'est pas expliqué, qui n'est pas encore explicable. Pourquoi ? Parce que ça marche. On n'a pas besoin de leur expliquer pourquoi. Si les effets sont là, et qu'importe si on ne sait pas ce que c'est, ça marche.

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Brut.
24 février 2019 18:30